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Que se passe-t-il avec les lycéens en France?

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

Une nouvelle journée nationale de mobilisation est prévue jeudi..

Mouvement de protestation

Le mercredi 8 octobre 2026, les cours étaient suspendus dans 459 lycées en France, soit une baisse de 41% par rapport à la veille. Ce mouvement de protestation, qualifié d'inédit par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, s’inscrit dans un contexte de mobilisation nationale. Mardi 7 octobre, des centaines de milliers de manifestants ont défilé dans tout le pays pour soutenir les lycéens. La colère des jeunes s’est également propagée aux universités et aux syndicats de travailleurs, avec une nouvelle journée de protestation prévue le jeudi 9 octobre. Ce mouvement a débuté à la mi-septembre en banlieue parisienne.

Revendications des lycéens

Les lycéens expriment plusieurs revendications majeures. Ils demandent d’abord que les postes d’enseignants vacants soient pourvus, notamment dans les lycées professionnels où les remplacements sont rares. Ils réclament aussi une réduction du nombre d’élèves par classe et davantage d’investissements dans les infrastructures scolaires, comme des toilettes fonctionnelles ou la présence d’infirmières. Le système d’admission Parcoursup, qui gère l’accès à l’enseignement supérieur, est également critiqué pour son stress et sa complexité. Enfin, les lycéens dénoncent les inégalités entre établissements des quartiers aisés et défavorisés, où les résultats scolaires moyens diffèrent largement.

Contexte éducatif

Selon le sociologue Laurent Frajerman, le système éducatif français a longtemps privilégié l’école primaire au détriment du secondaire. Entre 2017 et 2022, sous le ministère de Jean-Michel Blanquer, aucun poste d’enseignant supplémentaire n’a été créé malgré l’augmentation du nombre d’élèves dans le second degré. Cette situation a conduit à une hausse du nombre d’élèves par classe, passant de 24 à 28 en moyenne dans certains établissements. Le programme scolaire a également été élargi avec l’ajout de spécialités, créant des horaires morcelés et une gestion plus complexe pour les lycées. Les lycées de banlieue, bien que moins surchargés en élèves, souffrent davantage de postes vacants, aggravant les difficultés.

Répression policière

La réponse des autorités à la mobilisation a été marquée par une répression policière intense. Plus de 6 600 personnes ont été arrêtées et plus de 200 blessés ont été recensés, dont des lycéens gravement touchés : un a perdu l’usage d’un œil, un autre a eu la main arrachée, et un troisième a été blessé au visage par une grenade lacrymogène. Ces incidents ont suscité une vive émotion, amplifiée par la diffusion de vidéos montrant des violences policières. Face à cette situation, le gouvernement a suspendu l’usage des grenades assourdissantes. Malgré tout, la répression a été perçue comme disproportionnée par les observateurs, ce qui a renforcé la mobilisation plutôt que de l’étouffer.

Extension aux universités

Depuis début octobre 2026, le mouvement de protestation s’étend aux universités. Mardi 7 octobre, 40% des établissements supérieurs étaient perturbés, avec des blocages à Nantes et dans d’autres villes. Les étudiants soutiennent les lycéens et dénoncent un manque de moyens dans l’enseignement supérieur, où les frais d’inscription se multiplient malgré la promesse d’une université gratuite. Cinq syndicats d’enseignants ont appelé à une grève nationale pour jeudi 9 octobre, exigeant une augmentation des budgets alloués à l’éducation. Armel Cloarec, porte-parole du syndicat Solidaires étudiant-e-s, souligne que les problèmes des lycéens sont aussi ceux des étudiants en raison des politiques d’austérité.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’ampleur de la crise, le gouvernement français a modifié sa stratégie en privilégiant le dialogue. Il a annoncé l’instauration de demi-journées sans cours pour permettre aux lycéens et au personnel de discuter des difficultés rencontrées. Un recensement des professeurs absents et non remplacés sera également réalisé. Le premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu que la colère des jeunes n’est pas infondée et a promis des propositions pour résoudre la crise d’ici fin octobre 2026. Cependant, Ryad Rani, président de l’*Union syndicale lycéenne*, critique cette approche, la qualifiant de tentative pour *noyer le poisson* et gagner du temps.

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