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Le smartphone pas cher, mais bon, est en voie de disparition : voici comment la crise de la RAM va affecter les fiches techniques

Presse-Citron · mis à jour 8 juil.

Les prix de la RAM et du stockage augmentent à une vitesse folle. Et les constructeurs commencent à compenser cette hausse en sacrifiant d’autres éléments des fiches techniques de leurs appareils..

Crise mondiale des puces

Le secteur de l’électronique subit une crise majeure en raison d’une demande explosive en puces mémoires, notamment pour alimenter les nouveaux centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Cette pénurie entraîne une hausse des prix des RAM (mémoire vive) et des mémoires de stockage, qui sont désormais les composants les plus coûteux dans la fabrication des smartphones, même dans la gamme milieu de gamme. Par exemple, au premier trimestre 2026, la mémoire représente près de 60 % des coûts de composants pour les smartphones vendus à moins de 400 €, et plus de 64 % pour ceux à moins de 99 €. Les fabricants, comme les marques de smartphones, de PC ou de consoles, subissent cette augmentation des coûts, qui se répercute sur l’ensemble de l’industrie.

Réduction des coûts

Pour compenser la hausse des prix des puces mémoires, les constructeurs réduisent les coûts d’autres composants moins prioritaires. Selon l’entreprise d’analyse Omdia, ils sacrifient notamment les écrans, les capteurs photo ou les modules radiofréquence (RF), pour lesquels l’offre reste abondante. Par exemple, certains fabricants chinois remplacent les écrans OLED de type LTPO (technologie avancée) par des écrans LTPS, moins performants mais moins chers, économisant entre 3 et 5 € par appareil. Cette stratégie permet de limiter l’impact de la crise sur les prix finaux, mais au détriment des performances ou des fonctionnalités des appareils.

Smartphones d’entrée de gamme

Les smartphones les plus abordables, souvent vendus à moins de 400 €, sont les plus touchés par la crise des puces mémoires. Les constructeurs ont plus de difficultés à compenser la hausse des coûts, car ces appareils sont déjà très optimisés pour le prix. Certains modèles voient leur configuration revue à la baisse : capteurs photo plus petits, écrans moins performants, ou même abandon pur et simple. Par exemple, la marque Nothing a décidé de ne pas sortir le CMF Phone 3 Pro, un smartphone abordable, car les coûts de la mémoire rendaient impossible la création d’un produit à la hauteur des attentes pour ce prix. Les ventes de ces appareils devraient donc baisser en 2026.

Modèles haut de gamme épargnés

Les smartphones haut de gamme, vendus à plus de 400 €, sont moins affectés par la crise. Les consommateurs de ces produits sont moins sensibles aux hausses de prix, et les constructeurs peuvent mieux absorber les coûts supplémentaires. Selon Omdia, les expéditions de ces appareils devraient même augmenter de 5,7 % en 2026. Les marques se concentrent donc sur ces gammes, où la marge bénéficiaire reste plus élevée. Par exemple, les écrans LTPO (technologie premium) ne sont désormais proposés que sur les modèles haut de gamme, tandis que les modèles d’entrée de gamme doivent se contenter de technologies moins avancées.

Processeurs et abandon de modèles

Pour réduire les coûts, certains constructeurs utilisent des processeurs de générations précédentes au lieu des modèles les plus récents. Cette stratégie permet d’économiser entre 30 % et 40 % sur les produits à plus de 600 €. Cependant, dans certains cas, des modèles sont tout simplement abandonnés. Par exemple, Nothing a renoncé au lancement du CMF Phone 3 Pro, un smartphone abordable, car les coûts de la mémoire rendaient impossible la création d’un produit à la fois performant et accessible. Les fabricants préfèrent ainsi éviter de proposer des appareils dont ils ne seraient pas satisfaits, même si cela signifie retarder ou annuler des lancements.

Ce que ça pourrait changer

La crise des puces mémoires devrait entraîner une baisse brutale des ventes de smartphones en 2026, en particulier pour les modèles d’entrée de gamme. Les produits à moins de 400 € seront les plus touchés, car les constructeurs auront du mal à compenser la hausse des coûts sans sacrifier trop de fonctionnalités. En revanche, les appareils à plus de 400 € devraient résister mieux, avec une hausse des expéditions de 5,7 %. Les consommateurs des gammes premium sont moins sensibles aux augmentations de prix, ce qui permet aux marques de maintenir leurs marges. Cette situation pourrait accentuer la polarisation du marché entre smartphones haut de gamme et modèles abordables, ces derniers devenant encore moins attractifs.

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