La dégringolade caquiste rebat les cartes de la campagne
Le naufrage de la CAQ dans trois nouveaux sondages donne un nouvel élan au Parti québécois..
La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, traverse une crise majeure dans les intentions de vote selon trois nouveaux sondages publiés à une semaine des élections québécoises de 2026. Le parti, qui dominait auparavant la campagne, voit ses chiffres chuter de manière significative, au point que des projections indiquent qu’il pourrait ne faire élire aucun député lors du scrutin. Cette dégringolade est en partie attribuée à une controverse récente : un membre de l’équipe de la CAQ a été à l’origine d’une fuite médiatique, qualifiée par Fréchette de « mal avisée », bien que la personne reste en poste. Le parti, qui avait jusqu’ici résisté aux turbulences, se retrouve désormais en terrain périlleux, avec des sondages montrant une perte d’appui dans plusieurs régions clés.
Le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, profite de la chute de la CAQ pour se repositionner comme un acteur majeur de la campagne. Selon les projections de Qc125, le PQ est désormais compétitif dans 13 des 15 circonscriptions pivots de la province, avec des chances réelles de remporter des sièges dans des régions historiquement difficiles, comme l’Estrie. Plamondon a annoncé une stratégie offensive pour les derniers jours, ciblant des comtés serrés comme Mégantic, Richmond ou Granby. Le parti mise sur un mandat majoritaire pour mettre en œuvre son programme, soulignant que « tant qu’à avoir un mandat de quatre ans avec autant de défis et de problèmes sociaux à régler, ça serait le fun d’avoir les outils pour le faire ».
Le Parti conservateur du Québec, mené par Éric Duhaime, enregistre une progression notable dans les intentions de vote, atteignant entre 17 % et 18 %. Cette dynamique lui permet d’envisager des gains électoraux en dehors de sa base traditionnelle, notamment dans la région de Québec où il avait concentré ses efforts jusqu’ici. Duhaime a qualifié des circonscriptions comme Arthabaska-L’Érable de « menacées » pour le PQ, tout en insistant sur la nécessité de convaincre les électeurs indécis. « Il reste des indécis, il va falloir parler à ces gens-là. […] Notre stratégie fonctionne », a-t-il déclaré. Cette montée profite aussi au parti en lui offrant une visibilité accrue dans des régions où il était moins présent.
Le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Charles Milliard, voit ses intentions de vote grimper à 26 % selon le dernier sondage Léger, ce qui lui permettrait de récupérer le rôle d’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Milliard maintient une ambition élevée, affirmant qu’il est prêt à « enfiler les habits de premier ministre » malgré un écart d’environ 30 sièges avec le PQ dans les projections. De son côté, Québec solidaire (QS), co-dirigé par Ruba Ghazal, adopte un ton plus modeste, se concentrant sur l’envoi du maximum de députés à l’Assemblée nationale plutôt que sur la formation du gouvernement. Ghazal a refusé de commenter son avenir à la tête du parti si QS fait élire moins de 11 députés, soit le nombre qu’il comptait avant la dissolution du Parlement.
La dernière semaine de campagne électorale québécoise de 2026 a débuté lundi, marquant aussi la fin du vote par anticipation. Le taux de participation lors de ces deux jours pourrait donner des indices aux partis sur leurs forces et faiblesses territoriales, les aidant à ajuster leurs stratégies pour les derniers jours. Christine Fréchette (CAQ) se rendra à Rouyn-Noranda, Paul St-Pierre Plamondon (PQ) en Outaouais, tandis que Charles Milliard (PLQ) restera à Montréal, où son parti dispose d’un soutien solide. Ces déplacements reflètent les priorités de chaque formation pour tenter de maximiser leurs gains avant le scrutin de lundi prochain.

