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Des Québécois dénoncent des réductions d’heures de soutien à domicile

Le Devoir · mis à jour 28 sept.

L’organisme Moelle épinière et motricité réclame des partis politiques une vision à «long terme» sur ce dossier..

Réduction des heures

Des Québécois en situation de handicap dénoncent une baisse récente de leurs heures de soutien à domicile. Par exemple, Camille Totso, un Montréalais de 36 ans tétraplégique, a vu ses heures passer de 21 heures 45 minutes à 19 heures, avec une réduction prévue à 15 heures. Ces services lui permettent de recevoir de l’aide pour s’habiller, manger et assurer ses soins d’hygiène. Le programme utilisé, appelé Allocation autonomie à domicile (anciennement chèque emploi-service), permet aux bénéficiaires d’embaucher eux-mêmes leurs aidants. Les heures sont déterminées par le CLSC (Centre local de services communautaires), qui évalue les besoins des usagers. Ces réductions, bien que justifiées par des réévaluations, entraînent des difficultés pour les personnes concernées, comme un manque de temps pour réaliser les tâches correctement.

Situation similaire ailleurs

Au Bas-Saint-Laurent, Valérie, une femme de 51 ans atteinte de polyarthrite rhumatoïde et se déplaçant en fauteuil roulant, a subi une réduction de plus d’un tiers de ses heures de soutien à domicile. Cette maladie auto-immune provoque une inflammation des articulations, limitant ses capacités physiques. Après avoir vu ses heures réduites en 2023 en raison de changements dans sa situation familiale, elle a demandé un rétablissement sans succès. Elle doit désormais prioriser certaines tâches, comme la préparation des repas, au détriment de ses soins personnels. Valérie craint que ces réductions n’aient un impact négatif sur sa santé et son bien-être.

Chiffres clés du soutien

En 2023, Santé Québec a fourni près de 8,2 millions d’heures de soutien à domicile à environ 42 000 personnes ayant une déficience physique. Ces services visent à permettre aux individus de rester chez eux plutôt que d’être hébergés en CHSLD (Centre d’hébergement et de soins de longue durée). Cependant, selon Walter Zelaya, directeur général de l’organisme Moelle épinière et motricité Québec, la situation s’est détériorée au cours des trois dernières années. Il souligne que les réductions d’heures sont l’enjeu le plus important concernant le soutien à domicile durant cette période.

Réactions des autorités

Santé Québec affirme qu’aucune consigne n’a été donnée pour réduire systématiquement les heures de soutien à domicile. Les services sont déterminés en fonction des besoins individuels et d’une évaluation clinique réalisée par les équipes des CLSC. Cependant, Walter Zelaya critique le manque d’efforts et de ressources investis pour répondre à la demande croissante. Il demande aux partis politiques une vision à long terme pour le soutien à domicile, plutôt que des engagements ponctuels. Il rappelle que la majorité des Québécois souhaitent rester chez eux, mais que les moyens actuels ne suffisent pas à garantir ce choix.

Promesses politiques

Lors de la dernière campagne électorale, plusieurs partis politiques ont proposé des investissements pour améliorer le soutien à domicile. La première ministre sortante, Christine Fréchette, a annoncé un investissement de 22 millions d’euros pour ajouter un million d’heures de soutien à domicile. Les caquistes (Parti libéral du Québec) ont promis un milliard d’euros supplémentaires sur quatre ans. Le Parti québécois propose une augmentation de 50 % du budget, tandis que les libéraux tablent sur 700 millions d’euros. Les conservateurs veulent ajouter 6 millions d’heures par an d’ici 2030, et le Parti québécois solidaire mise sur un réseau de 400 points d’accès en première ligne pour améliorer l’accès aux soins.

Ce que ça pourrait changer

Walter Zelaya souligne que l’enjeu du handicap est souvent négligé par les élus, l’administration publique et la société en général. Il estime que les personnes en situation de handicap sont « éternellement oubliées » et que leurs besoins ne sont pas pris en compte de manière prioritaire. Cette situation reflète un problème plus large de reconnaissance et de financement des services d’aide à domicile au Québec. Les réductions d’heures et le manque de ressources illustrent les défis auxquels font face les Québécois en situation de handicap pour vivre de manière autonome à domicile.

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