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« Un barbecue qui a mal tourné » : l’astronaute française Sophie Adenot nous décrit les odeurs surprenantes de l’espace

Numerama · mis à jour il y a 5 h

De retour après quasiment 8 mois dans l'espace, Sophie Adenot renoue avec des sensations bien terrestres. L'astronaute française redécouvre notamment les odeurs, après avoir connu celles de l'ISS.

Mission de 8 mois

Sophie Adenot, astronaute française, a passé 237 jours (soit près de 8 mois) dans l’espace à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Elle est revenue sur Terre le 8 octobre 2026, après une mission de longue durée en microgravité. Ce séjour prolongé en orbite a eu des effets notables sur son corps, notamment en altérant temporairement sa perception des odeurs. L’ISS est un laboratoire en orbite autour de la Terre, où les astronautes vivent et travaillent dans un environnement confiné, sans gravité. La microgravité désigne l’état où les objets et les personnes flottent, car la force gravitationnelle est très faible, comme en orbite terrestre.

Odeurs neutres en orbite

À bord de l’ISS, l’air est recyclé en permanence pour être respirable, mais les odeurs y sont rares et globalement neutres. Sophie Adenot explique que la plupart des parfums contiennent de l’alcool, une molécule que les systèmes de recyclage de l’air ne peuvent pas traiter. L’odorat des astronautes est donc peu sollicité, car les odeurs de transpiration ou de produits d’hygiène sont limitées. En microgravité, les fluides du corps remontent vers la tête, ce qui peut provoquer un gonflement du visage et un nez bouché, comme lors d’un rhume. Ces effets réduisent temporairement la capacité à sentir les odeurs. Le corps s’adapte progressivement à ces conditions.

Odeur de métal brûlé

Lors des sorties extravéhiculaires (ou sorties dans l’espace), les astronautes quittent la station pour effectuer des réparations ou des installations. À leur retour dans le sas de l’ISS, une odeur très particulière les attend : celle de métal brûlé, décrite par Sophie Adenot comme « comme un barbecue qui a mal tourné ». Cette odeur forte et métallique est perçue comme une surprise sensorielle après des mois en orbite. D’autres astronautes ont comparé cette odeur à celle d’un steak grillé ou de poudre brûlée. Son origine reste débattue : elle pourrait provenir de l’oxydation des surfaces métalliques exposées à l’espace, plutôt que de l’espace lui-même. Une hypothèse avancée par l’astrochimiste Robin Isnard suggère que les particules de l’espace réagissent avec les matériaux de la station.

Retour sur Terre intense

Dès son retour sur Terre, Sophie Adenot a redécouvert les odeurs terrestres avec une intensité inhabituelle. Elle compare cette expérience à celle des femmes en début de grossesse, où l’odorat est exacerbé. Elle décrit des sensations comme l’odeur des embruns, celle de la lessive ou encore celle de l’herbe mouillée par la pluie. Ces odeurs, qu’elle n’avait pas perçues depuis des mois, lui ont semblé magiques. Elle a également souligné l’importance des aliments frais, comme les fruits ou les pâtes à tartiner, dont les odeurs et les goûts lui avaient manqué pendant sa mission. Ces redécouvertes sensorielles font partie des plaisirs terrestres qu’elle a particulièrement appréciés après son séjour spatial.

Ce que ça pourrait changer

Le retour sur Terre représente un défi physique pour les astronautes après un long séjour en microgravité. Sophie Adenot a partagé des images de ses **premiers exercices** pour se réacclimater à la **gravité terrestre**. En effet, dans l’espace, les muscles et les os s’affaiblissent en raison de l’absence de résistance. La gravité terrestre, qui attire les objets vers le sol, demande un effort supplémentaire pour se déplacer ou porter des charges. Cette réadaptation peut prendre plusieurs semaines, voire des mois, selon les individus. Elle implique des exercices physiques réguliers pour retrouver sa force et sa mobilité d’avant la mission.

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