L’ASPQ se dit préoccupée par les standards de vente d’alcool dans les zones SAQ
Le monopole public de la SAQ aide à protéger la population, estime l’Association pour la santé publique du Québec..
L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) exprime des préoccupations concernant les standards de vente d’alcool dans les zones SAQ, des points de vente déployés depuis le printemps 2026 dans une centaine d’épiceries et de dépanneurs au Québec. Laurence Ruel, représentante de l’ASPQ, souligne que la vente responsable ne peut dépendre uniquement de la vigilance des employés, mais nécessite un cadre réglementaire strict et des mécanismes de contrôle efficaces. Elle rappelle que l’ASPQ avait déjà alerté sur ce risque lors de l’annonce du projet pilote, insistant sur la responsabilité collective face aux méfaits de l’alcool sur la santé publique.
Un rapport réalisé par une firme spécialisée, basé sur des clients mystères (des personnes envoyées incognito pour tester les pratiques commerciales), révèle des lacunes dans les zones SAQ. Parmi les constats, sept jeunes sur dix âgés de 18 à 25 ans ont pu acheter de l’alcool sans présenter de pièce d’identité, contrairement aux règles en vigueur dans les succursales officielles de la SAQ. De plus, dans 100 % des cas où un client mystère a simulé une ivresse avancée en se présentant trois fois de suite dans un commerce, il a obtenu une bouteille de spiritueux, alors qu’en succursale, les employés syndiqués refusent systématiquement de vendre dans ces conditions.
L’ASPQ et le syndicat des employés de la SAQ (SEMB-CSN) estiment que le monopole public de la SAQ est un outil essentiel pour protéger la santé publique et encadrer la vente d’alcool. Contrairement aux entreprises privées, une société d’État comme la SAQ peut concilier ses activités commerciales avec des objectifs de santé publique. Les deux organisations craignent que l’élargissement des points de vente d’alcool, évoqué lors de consultations à l’Assemblée nationale au printemps 2026, ne fragilise ce contrôle. Le Parti québécois, désormais au pouvoir, a d’ailleurs annoncé son intention d’alléger la réglementation pour faciliter la distribution des produits artisanaux, réduisant ainsi la portée du monopole de la SAQ.
La **SAQ** (Société des alcools du Québec) a réagi en publiant une *mise au point* sur son site, affirmant appliquer les mêmes exigences d’éthique de vente dans toutes ses zones, qu’elles soient en succursale ou dans les *zones SAQ*. L’entreprise souligne que les commerçants partenaires bénéficient de formations et d’outils pour respecter les standards de vente responsable. La SAQ effectue elle-même des contrôles via un programme de clients mystères, avec la même méthodologie qu’en succursale. En cas de manquement, elle intervient jusqu’au retrait du droit de vendre ses produits. La SAQ demande cependant au syndicat de lui transmettre le rapport complet et sa méthodologie pour valider les constats et prendre les mesures nécessaires.

