Les Houthis du Yémen s’emparent d’une île au cœur du détroit de Bab el-Mandeb
L’avancée des Houthis vers ce détroit hautement stratégique dope le prix du baril de Brent, qui atteint maintenant 106$..
Les Houthis sont un mouvement rebelle armé qui contrôle une grande partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa. Proche de l’Iran, ce groupe est soutenu politiquement et militairement par Téhéran, ce qui en fait un acteur clé du conflit régional au Moyen-Orient. Leur nom officiel est Ansarullah (Partisans de Dieu), mais ils sont communément appelés Houthis, du nom de leur fondateur, Hussein al-Houthi. Depuis juillet 2026, ils ont lancé une offensive majeure contre les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite. Leur avancée récente vers le détroit de Bab el-Mandeb, une zone stratégique pour le commerce maritime mondial, a attiré l’attention internationale. Les Houthis ont annoncé un blocus maritime partiel de l’Arabie saoudite et ciblé des infrastructures pétrolières saoudiennes, tout en niant vouloir fermer le détroit ou imposer des droits de passage.
Le détroit de Bab el-Mandeb est une étroite bande d’eau située entre la mer Rouge et l’océan Indien, reliant l’Europe à l’Asie. Il est considéré comme l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde, car environ 10 % du commerce maritime mondial et 20 % du pétrole transitant par voie maritime y passent chaque année. Le détroit est divisé en deux couloirs de navigation : un couloir nord, proche du Yémen, et un couloir sud, proche de Djibouti. L’île de Mayyoun (ou Périm), située au cœur du détroit, est devenue un enjeu majeur depuis que les Houthis en ont pris le contrôle le 11 septembre 2026. En cas de blocage du détroit, les navires devraient contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui allongerait les trajets de plusieurs milliers de kilomètres et augmenterait considérablement les coûts de transport.
Le Yémen est plongé dans une guerre civile depuis 2014, opposant les Houthis, qui contrôlent le nord du pays, aux forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Depuis juillet 2026, le conflit s’est intensifié avec une nouvelle offensive des Houthis vers le détroit de Bab el-Mandeb. Les combats ont fait des centaines de morts, principalement des combattants, et ont poussé près de 46 000 personnes à fuir leurs foyers, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Les Houthis ont également lancé des attaques contre l’Arabie saoudite, tirant des missiles balistiques et des drones vers des villes du sud du pays. La situation a donné lieu à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a appelé à éviter une escalade dangereuse.
L’avancée des Houthis vers le détroit de Bab el-Mandeb a provoqué une hausse des cours du pétrole. Le baril de Brent, référence internationale, a dépassé le seuil symbolique de 100 dollars pour atteindre 106 dollars le 11 septembre 2026, soit une augmentation significative en quelques jours. Cette flambée s’explique par la crainte d’un blocage du détroit, qui perturberait les exportations pétrolières de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. Le détroit d’Ormuz, autre passage stratégique pour le pétrole, est déjà verrouillé par l’Iran depuis le début du conflit régional en février 2026. Les États-Unis, qui soutiennent l’Arabie saoudite en lui fournissant des renseignements, refusent pour l’instant d’intervenir militairement, préférant éviter l’ouverture d’un nouveau front dans la région.
La prise de contrôle de l’île de Mayyoun par les Houthis a provoqué une réaction internationale. L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a demandé un engagement actif du Conseil de sécurité pour éviter une escalade vers un conflit plus large. De son côté, l’Arabie saoudite a demandé aux États-Unis de lancer des frappes contre les Houthis, mais le président américain Donald Trump a refusé, tout en maintenant un soutien logistique et en renseignement. Les États-Unis, qui ont déjà 200 militaires déployés en Arabie saoudite pour fournir un soutien non combattant, restent concentrés sur la protection de leurs intérêts, notamment la liberté de navigation en mer Rouge. Le chef du Commandement central américain (CENTCOM) s’est rendu en Arabie saoudite pour des réunions de coordination urgentes.
L’escalade du conflit au Yémen a des conséquences humanitaires graves. Depuis le début de l’offensive des Houthis, près de 46 000 personnes ont été déplacées, fuyant les combats et les frappes aériennes. Les affrontements ont fait des centaines de morts, principalement parmi les combattants, mais aussi parmi les civils pris dans les zones de conflit. Les Houthis ont également ciblé des infrastructures civiles, comme l’aéroport de Mokha, où deux frappes saoudiennes ont été rapportées. La situation humanitaire, déjà fragile après des années de guerre, se dégrade rapidement, avec un risque accru de pénuries alimentaires et médicales dans les zones contrôlées par les Houthis.
L’Arabie saoudite joue un rôle central dans le conflit yéménite, en soutenant militairement et financièrement les forces gouvernementales yéménites. Le pays considère le détroit de Bab el-Mandeb comme une voie vitale pour ses exportations pétrolières, car il permet d’éviter le détroit d’Ormuz, verrouillé par l’Iran. Depuis juillet 2026, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées des Houthis, notamment des tirs de missiles et de drones, ainsi que des frappes contre des infrastructures pétrolières. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a demandé à plusieurs reprises aux États-Unis de lancer des frappes contre les Houthis, mais sans succès pour l’instant. Riyad affirme avoir les moyens de faire face seul à la menace, malgré l’escalade du conflit.
Le conflit au Yémen s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, marqué par la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Depuis février 2026, un conflit régional oppose ces deux pays, avec des frappes américaines et iraniennes dans le Golfe et des attaques contre des infrastructures pétrolières. Les Houthis, soutenus par l’Iran, sont devenus un acteur clé de cette rivalité, en ciblant les intérêts saoudiens au Yémen et dans la région. Leur avancée vers Bab el-Mandeb a renforcé leur position stratégique, tout en exacerbant les tensions entre les puissances régionales. La communauté internationale, notamment l’ONU, tente d’éviter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage le Moyen-Orient.

