En Europe, les textes écrits par ChatGPT pourront bientôt être détectés par un outil officiel
Les textes produits par ChatGPT et Codex auront prochainement un marquage invisible dans l’Union européenne. Le détecteur qui permet de révéler les contenus IA sera d’abord réservé à des chercheurs et organismes spécialisés..
À partir d'octobre 2026, les textes générés par ChatGPT et Codex dans l'Union européenne (UE) incluront un filigrane invisible. Ce marquage, appelé textGrain, ne sera pas visible à l'œil nu ni sous forme de logo ou de mention explicite comme « généré par IA ». Il s'agit d'une signature discrète intégrée dans la manière dont l'outil choisit ses mots. Par exemple, quand ChatGPT rédige une phrase, il sélectionne des fragments de texte appelés tokens (mots ou morceaux de mots) parmi plusieurs options possibles. Le système textGrain influence subtilement ces choix en privilégiant certaines suites de mots, créant ainsi une trace unique et invisible dans le texte final. Cette méthode permet de distinguer les contenus produits par l'IA de ceux écrits par un humain, sans altérer le sens du texte.
Le déploiement de ce filigrane sera progressif dans l'UE, y compris en France, et concernera à la fois les versions gratuites et payantes de ChatGPT et Codex. OpenAI n'a pas précisé les critères exacts pour déterminer quels textes seront marqués, mais précise que seuls les contenus « éligibles » le seront. Ce dispositif répond à une obligation légale européenne : l'AI Act, entré en vigueur le 2 août 2026, impose aux entreprises de marquer les contenus générés ou modifiés par leur IA pour qu'un outil puisse les reconnaître. Certaines exceptions existent, comme les corrections mineures d'orthographe qui ne nécessitent pas de filigrane. OpenAI limite pour l'instant ce marquage automatique à l'UE, bien que ses clients utilisant son API puissent activer cette fonctionnalité partout dans le monde depuis le 5 octobre 2026.
Le détecteur d'OpenAI utilise la même clé secrète que celle employée pour créer le filigrane afin de rechercher la signature dans un texte. Il analyse l'ensemble du passage pour vérifier si les choix de mots correspondent aux préférences imposées par textGrain. Ce processus ne nécessite pas d'accéder à l'échange original avec ChatGPT : un simple copier-coller du texte conserve la signature. En revanche, une réécriture ou une traduction peut affaiblir ou effacer cette trace. Par exemple, remplacer 10 % des mots par des synonymes dans un texte de 400 mots fait chuter le taux de détection de 92 % à 66 %, et avec 25 % de modifications, il tombe à 17 %. La longueur du texte influence aussi l'efficacité du détecteur : sur des textes de 200 mots, il échoue à détecter la marque dans 20 % des cas, contre seulement 5 % pour des textes de 400 mots.
Malgré son utilité, ce filigrane présente des limites importantes. Le détecteur peut commettre deux types d'erreurs : signaler à tort un texte comme généré par IA alors qu'il ne l'est pas, ou au contraire ne pas repérer une signature présente. Ces erreurs dépendent de plusieurs facteurs, comme la longueur du texte ou son sujet. Par exemple, en mathématiques, où les réponses sont plus contraintes, la signature est plus difficile à détecter. OpenAI a donc décidé de réserver l'accès à son détecteur à des chercheurs et organismes spécialisés, approuvés par l'entreprise, dans un premier temps. Il ne sera pas possible pour le grand public de vérifier lui-même si un texte contient une marque de ChatGPT. Cette approche prudente vise à éviter les faux positifs ou négatifs qui pourraient avoir des conséquences juridiques ou éthiques.
Ce déploiement s'inscrit dans le cadre de l'*AI Act*, une réglementation européenne sur l'intelligence artificielle entrée en vigueur le 2 août 2026. L'article 50 de cette loi oblige les entreprises à marquer les contenus générés ou modifiés par leur IA pour permettre leur identification par des outils dédiés. Cette mesure vise à renforcer la transparence et à lutter contre la désinformation ou la fraude, notamment dans les domaines de l'éducation, de la recherche ou des médias. OpenAI, comme d'autres acteurs comme Anthropic avec son outil *Claude*, s'aligne sur cette obligation, bien que certains choisissent une approche plus large, comme un marquage mondial. En Europe, cette règle s'applique à tous les services concernés, y compris les versions gratuites des outils.

