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Droit

Juge et partie : Bruxelles colle une sanction à 890 millions d’euros à Google pour ses mauvaises habitudes

Numerama : droit du numérique · mis à jour il y a 14 j

Nouvelle gifle européenne pour Google. La Commission condamne le géant de la tech à 890 millions d'euros d'amende pour violation du DMA.

Sanction record pour Google

La Commission européenne a infligé une amende de 890 millions d’euros à Google pour avoir enfreint les règles de concurrence dans le secteur numérique. Cette sanction, la plus élevée jamais imposée par l’UE à une entreprise technologique, s’inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), une loi européenne entrée en vigueur en 2024 pour réguler les géants du numérique comme Google, Apple ou Meta. Le DMA vise à empêcher ces entreprises de favoriser leurs propres services au détriment de ceux de leurs concurrents, en leur imposant des obligations strictes de transparence et d’équité. Google, qui domine largement le marché des moteurs de recherche et des annonces publicitaires en ligne, est accusé d’avoir maintenu des pratiques anticoncurrentielles malgré les avertissements de Bruxelles. Cette amende s’ajoute à une série de sanctions déjà infligées à l’entreprise, comme les 4,3 milliards d’euros de 2018 pour abus de position dominante sur Android.

Contexte du DMA

Le Digital Markets Act (DMA) est un règlement européen adopté en 2022 et applicable depuis mai 2024. Son objectif principal est de limiter le pouvoir des géants du numérique (ou Big Tech), définis comme des plateformes ayant une forte influence sur les marchés en ligne, un chiffre d’affaires annuel supérieur à 7,5 milliards d’euros en Europe, et plus de 45 millions d’utilisateurs actifs par mois. Le DMA impose à ces entreprises des règles strictes, comme l’interdiction de favoriser leurs propres services dans les résultats de recherche, l’obligation de permettre aux utilisateurs de désinstaller facilement les applications préinstallées, ou encore la transparence sur les algorithmes utilisés pour classer les contenus. Les entreprises qui ne respectent pas ces règles s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires mondial, comme c’est le cas pour Google avec cette sanction de 890 millions d’euros.

Pratiques reprochées à Google

Selon la Commission européenne, Google a adopté des mauvaises habitudes consistant à privilégier ses propres services, comme Google Shopping ou Google Maps, dans les résultats de son moteur de recherche. Ces pratiques, qualifiées d’abus de position dominante, ont pour effet de fausser la concurrence en limitant la visibilité des services concurrents. Par exemple, une boutique en ligne proposant des produits similaires à ceux de Google Shopping pourrait voir son site apparaître moins haut dans les résultats de recherche, ce qui réduit sa capacité à attirer des clients. La Commission a estimé que ces agissements ont causé un préjudice aux consommateurs et aux entreprises concurrentes, en limitant leurs choix et en maintenant des prix artificiellement élevés. Google a eu plusieurs occasions de corriger ces pratiques, mais les autorités européennes considèrent que l’entreprise n’a pas agi avec suffisamment de diligence.

Ce que ça pourrait changer

Google a réagi à cette sanction en affirmant qu’elle était disproportionnée et que l’entreprise avait déjà pris des mesures pour se conformer au DMA. Dans un communiqué, le géant américain a indiqué qu’il étudiait les options pour contester cette décision, notamment en faisant appel auprès de la Cour de justice de l’Union européenne. Cette amende s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les autorités européennes et les géants du numérique, qui sont de plus en plus critiqués pour leur manque de transparence et leur influence sur l’économie. Pour les consommateurs, cette décision pourrait avoir des conséquences positives, comme une plus grande diversité des services disponibles en ligne et des prix plus compétitifs. Cependant, certains observateurs craignent que des sanctions trop lourdes n’affaiblissent l’innovation des entreprises européennes face à leurs concurrents américains ou chinois.

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