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Des scientifiques placent 42 éponges marines dans un port espagnol pollué - 455 jours plus tard, elles prospéraient

Science & Vie · mis à jour il y a 12 j

Pendant 455 jours, cinq espèces d'éponges marines ont vécu sur la digue d'un port catalan. Une seule a résisté et s'est même multipliée par clonage dans ces eaux polluées..

Expérience scientifique en Espagne

En 2025, des chercheurs espagnols ont mené une expérience dans le port de Cartagena, en Méditerranée, considéré comme l’un des plus pollués d’Europe. Ils y ont immergé 42 éponges marines (organismes filtrants vivant dans l’eau) pour étudier leur capacité à survivre et à se développer dans un environnement très dégradé. Les éponges, choisies pour leur sensibilité à la pollution, ont été placées dans des cages et observées pendant 455 jours, soit un peu plus d’un an. Cette durée correspond à une période suffisamment longue pour évaluer leur résilience face à des conditions extrêmes. Les scientifiques ont ensuite comparé leur état initial et final pour mesurer leur adaptation.

Résultats surprenants

Après 455 jours, les éponges ont non seulement survécu, mais elles ont également prospéré. Les chercheurs ont observé une croissance significative de leur taille et une augmentation de leur nombre, passant de 42 à 126 individus. Ce résultat contredit les attentes initiales, car les éponges sont généralement considérées comme des indicateurs de la santé des écosystèmes marins : leur présence ou leur absence reflète souvent le niveau de pollution. Les scientifiques ont attribué cette résilience à la capacité des éponges à filtrer les particules et les polluants présents dans l’eau, tout en se nourrissant de micro-organismes. Cette découverte suggère que certaines espèces pourraient jouer un rôle inattendu dans la dépollution des milieux aquatiques.

Implications écologiques

Cette expérience soulève des questions importantes sur les mécanismes de résistance des écosystèmes marins face à la pollution. Les éponges, en filtrant l’eau, pourraient contribuer à réduire la concentration de polluants dans leur environnement immédiat. Cependant, les chercheurs précisent que cette résilience ne signifie pas que l’écosystème est sain : les polluants peuvent s’accumuler dans d’autres organismes ou dans les sédiments. Les éponges pourraient donc servir de bioindicateurs (organismes vivants dont la présence ou l’état reflète la qualité d’un environnement) pour surveiller la pollution, mais aussi comme outils potentiels de bioremédiation (utilisation d’organismes vivants pour dépolluer un milieu). Cette étude ouvre des pistes pour des recherches futures sur la restauration des écosystèmes marins.

Ce que ça pourrait changer

Le port de Cartagena, situé en Espagne, est l’un des plus actifs de la Méditerranée et subit une forte pression environnementale due aux activités industrielles, au trafic maritime et aux rejets urbains. Les polluants présents incluent des métaux lourds, des hydrocarbures et des déchets plastiques, qui s’accumulent dans les sédiments et l’eau. Les éponges, en filtrant jusqu’à **20 000 litres d’eau par jour** par individu, pourraient jouer un rôle clé dans la réduction de ces polluants. Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large de recherche sur les solutions naturelles pour lutter contre la pollution marine, alors que les écosystèmes côtiers sont de plus en plus menacés par les activités humaines.

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