La RDC veut transférer son ambassade à Jérusalem et “s’écarte du consensus international”
La République démocratique du Congo et Israël ont convenu, jeudi 3 septembre, de poursuivre leurs consultations en vue d’un éventuel transfert de l’ambassade congolaise de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision encore loin d’être actée, mais déjà perçue par la presse régionale comme une reconnaissance de la souveraineté israélienne sur cette ville disputée..
La République démocratique du Congo (RDC) et Israël ont annoncé le 3 septembre 2026 leur intention de transférer l'ambassade congolaise de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette décision n'est pas encore définitive, mais elle marque une volonté de rapprochement diplomatique entre les deux pays. En échange, Israël s'est engagé à ouvrir une ambassade permanente à Kinshasa, actuelle capitale de la RDC, où il ne dispose pour l'instant que d'un consulat honoraire. Jérusalem est une ville au cœur d'un conflit territorial entre Israël et la Palestine, ce qui rend ce projet particulièrement sensible sur la scène internationale.
La grande majorité des pays, y compris les membres de l'Union européenne (UE), considèrent que Jérusalem devrait devenir la capitale partagée de deux États distincts : Israël et la Palestine. Cette position s'appuie sur des résolutions de l'ONU et des négociations de paix historiques. En envisageant de déplacer son ambassade à Jérusalem, la RDC s'écarte de ce consensus international, qui est largement dominant depuis des décennies. Seuls quelques pays, comme les États-Unis sous l'administration Trump, ont reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël en 2017, une décision controversée et non suivie par la plupart des autres nations.
Si la RDC finalisait ce transfert, elle deviendrait l'un des très rares pays africains à disposer d'une ambassade à Jérusalem. À ce jour, seul le Somaliland, une région autonome de la Somalie non reconnue par la communauté internationale, a ouvert une ambassade dans cette ville en juin 2026. Cette situation illustre l'isolement diplomatique potentiel de la RDC sur ce dossier, d'autant plus que le Somaliland n'est pas un État souverain reconnu. La RDC prend ainsi un risque politique en s'alignant sur une position minoritaire.
Dès l'annonce de ce projet, plusieurs médias régionaux ont interprété cette initiative comme une reconnaissance implicite de la souveraineté israélienne sur Jérusalem. Cette interprétation s'appuie sur le fait que la plupart des pays qui reconnaissent Jérusalem comme capitale d'Israël y ont déplacé leur ambassade, une décision symbolique forte. Cependant, la RDC n'a pas encore officiellement confirmé ce transfert, et les consultations entre les deux pays se poursuivent. La pression internationale pourrait influencer la décision finale, notamment de la part de l'Union africaine ou de partenaires économiques majeurs de la RDC.
Cette annonce intervient dans un contexte politique interne particulier pour la RDC. Le président Félix Tshisekedi, en fonction depuis 2019, est évoqué pour un éventuel troisième mandat, une perspective qui suscite des débats et des tensions dans le pays. Certains observateurs y voient une stratégie de la part du gouvernement pour renforcer ses alliances internationales, notamment avec Israël, afin de diversifier ses partenariats économiques et sécuritaires. Cependant, cette démarche pourrait aussi être perçue comme une tentative de détourner l'attention des enjeux internes.

