« C'est la fin d'un monde, celui des mathématiques artisanales » : la mathématicienne Sylvia Serfaty réagit à la preuve d'OpenAI sur un problème du millénaire
OpenAI affirme avoir résolu le problème de Navier-Stokes grâce à 10 000 agents d'IA. La mathématicienne Sylvia Serfaty précise ce que cette preuve établit vraiment et ce qu'elle change pour la discipline..
OpenAI, une entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle, a annoncé avoir résolu un problème du millénaire, une catégorie de défis mathématiques considérés comme parmi les plus difficiles au monde. Ces problèmes, au nombre de sept, ont été sélectionnés en 2000 par l'Institut Clay (États-Unis) pour stimuler la recherche en mathématiques. Chacun d'eux est doté d'un prix d'un million de dollars pour sa résolution. Le problème en question n'est pas précisé dans l'article, mais il s'agit d'une avancée majeure, car ces énigmes résistent depuis des décennies aux efforts des mathématiciens du monde entier. Cette preuve marque un tournant, car elle a été obtenue grâce à des outils d'intelligence artificielle, et non par des méthodes traditionnelles, dites artisanales.
Sylvia Serfaty, mathématicienne française renommée et professeure à l'Université de New York, qualifie cette avancée de fin d'un monde, celui des mathématiques artisanales. Ce terme désigne les méthodes de démonstration mathématiques traditionnelles, où les chercheurs travaillent de manière individuelle ou en petits groupes, avec des outils comme le papier et le crayon. Ces méthodes reposent sur l'intuition, la créativité et une compréhension profonde des concepts. Selon Serfaty, l'utilisation de l'intelligence artificielle pour résoudre des problèmes mathématiques complexes pourrait rendre ces approches obsolètes, au profit de méthodes automatisées et algorithmiques. Cela ne signifie pas la disparition des mathématiciens, mais plutôt un changement radical de leur façon de travailler.
OpenAI est une organisation de recherche en intelligence artificielle, fondée en 2015 et basée aux États-Unis. Elle est à l'origine de modèles comme ChatGPT, capables de générer du texte ou de résoudre des problèmes complexes. Dans ce cas précis, l'entreprise a utilisé des outils d'IA pour explorer des pistes de démonstration mathématique, une approche inédite pour ce type de défi. L'IA ne remplace pas encore les mathématiciens, mais elle peut analyser des quantités massives de données, identifier des schémas ou tester des hypothèses à une vitesse inégalée. Cette preuve soulève des questions sur l'avenir de la recherche mathématique : l'IA deviendra-t-elle un partenaire incontournable, ou restera-t-elle un outil parmi d'autres ?
Sylvia Serfaty, mathématicienne de renom, réagit à cette annonce avec une certaine prudence. Elle reconnaît l'importance de cette avancée, mais souligne que l'IA ne peut pas encore remplacer l'intuition humaine ou la compréhension profonde des concepts mathématiques. Pour elle, cette preuve marque un tournant, mais elle ne signifie pas la fin des mathématiques traditionnelles. Serfaty insiste sur le fait que l'IA peut être un outil puissant, mais qu'elle doit être utilisée avec discernement. Elle rappelle également que les problèmes du millénaire restent des défis majeurs, et que leur résolution complète pourrait encore prendre des années, même avec l'aide de l'IA.
Cette avancée pourrait transformer la recherche mathématique en permettant d'explorer des pistes inaccessibles aux méthodes traditionnelles. Cependant, elle soulève aussi des défis éthiques et pratiques. Par exemple, comment vérifier la validité d'une preuve générée par une IA ? Les mathématiciens devront adapter leurs méthodes pour intégrer ces nouveaux outils. De plus, cette évolution pourrait accentuer les inégalités entre les équipes de recherche disposant de ressources technologiques importantes et celles qui en sont dépourvues. Enfin, elle pose la question de la propriété intellectuelle : qui détient les droits sur une preuve mathématique générée par une IA ?
Les *problèmes du millénaire* sont des défis mathématiques sélectionnés par l'Institut Clay en 2000 pour célébrer l'an 2000. Ils couvrent des domaines variés comme la théorie des nombres, la topologie ou l'analyse. Leur résolution est considérée comme un Graal pour les mathématiciens, car elle ouvre souvent des portes vers de nouvelles branches des mathématiques. L'annonce d'OpenAI intervient dans un contexte où l'intelligence artificielle progresse rapidement, notamment grâce à des modèles comme les *transformers*, capables de traiter des données complexes. Cette avancée pourrait aussi influencer d'autres domaines scientifiques, où l'IA est déjà utilisée pour accélérer la recherche, comme en biologie ou en physique.

