En Hongrie, Peter Magyar veut abolir les discriminations anti-LGBTQI d’Orban
Le Premier ministre hongrois entend légaliser l’adoption pour les couples de même sexe et rayer les passages homophobes des lois hostiles adoptées sous le gouvernement précédent. Un choix confirmant la volonté de Budapest de normaliser ses relations avec Bruxelles..
Peter Magyar, devenu Premier ministre de Hongrie en 2026, propose une réforme majeure pour supprimer les discriminations envers les personnes LGBTQI+. Ce changement marque une rupture avec les politiques de son prédécesseur, Viktor Orbán, qui avait instauré des lois anti-LGBTQI entre 2020 et 2024. Magyar souhaite notamment légaliser l’adoption par les couples de même sexe, une mesure interdite de facto depuis 2020. À cette époque, l’adoption était théoriquement possible pour les célibataires, mais soumise à l’approbation du ministère hongrois, ce qui la rendait inaccessible en pratique. Cette réforme s’inscrit dans une volonté de normaliser les relations entre la Hongrie et l’Union européenne, tendues depuis des années en raison des lois discriminatoires passées.
Le 12 septembre 2026, Peter Magyar a annoncé une modification des règles d’adoption en Hongrie. Jusqu’à présent, les couples de même sexe ne pouvaient pas adopter ensemble, car la loi limitait l’adoption aux personnes célibataires, avec une validation systématique par le ministère. Magyar justifie cette réforme en déclarant que ce n’est pas aux politiciens de décider des conditions d’une vie heureuse pour les enfants, mais aux professionnels. Il précise que cette mesure s’inscrit dans une vision où chaque personne a le droit d’aimer et d’être aimée comme elle le souhaite, tant que cela ne nuit pas à autrui ou ne viole pas la loi. Cette annonce a été saluée par des organisations de défense des droits LGBTQI+, qui espèrent participer à la refonte des règles pour renforcer l’égalité des droits.
Bien que la réforme annoncée par Peter Magyar se concentre sur l’adoption, les associations LGBTQI+ en Hongrie réclament une mesure plus large : la légalisation du mariage pour tous. Actuellement, le mariage homosexuel n’est pas reconnu en Hongrie, contrairement à de nombreux pays européens. Les défenseurs des droits humains estiment que l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe est une première étape, mais que la reconnaissance du mariage pour tous serait la solution définitive pour garantir une égalité complète. Cette revendication s’inscrit dans un contexte où la Hongrie, membre de l’Union européenne, est sous pression pour aligner ses lois sur les standards européens en matière de droits LGBTQI+.
La Hongrie, dirigée par Viktor Orbán entre 2010 et 2026, était régulièrement critiquée par l’Union européenne pour ses lois anti-LGBTQI+. Ces mesures, comme l’interdiction de la « propagande homosexuelle » dans les écoles ou la restriction des droits des personnes transgenres, avaient valu à la Hongrie des sanctions et des tensions avec Bruxelles. Peter Magyar, en proposant ces réformes, cherche à apaiser les relations avec l’UE et à obtenir des financements européens bloqués depuis des années. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la Hongrie, comme d’autres pays d’Europe centrale, doit concilier ses traditions conservatrices avec les exigences démocratiques de l’Union.
Si les organisations de défense des droits LGBTQI+ se félicitent des annonces de Peter Magyar, elles soulignent que les réformes proposées restent limitées. Par exemple, l’adoption par les couples de même sexe n’est pas encore officiellement légalisée, mais seulement évoquée comme une possibilité future. De plus, le Premier ministre hongrois a précisé que ces mesures ne remettaient pas en cause les valeurs traditionnelles de la Hongrie, laissant planer un doute sur l’ampleur réelle de ces changements. Les médias locaux, comme l’hebdomadaire libéral *HVG*, estiment que le message de Magyar est ambigu, mais qu’il marque une évolution notable par rapport aux politiques passées.

