NapseflowNapseflow
Géopolitique

La chute d’Unitree à la Bourse de Shanghai pousse les autorités chinoises à serrer la vis

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

L’introduction en Bourse fracassante, le 19 août, du champion chinois des robots humanoïdes a été suivie d’une chute de plus de 40 % du cours de l’action. Selon le “South China Morning Post”, Pékin a décidé de placer le secteur sous surveillance..

Unitree en Bourse

Unitree est une entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de robots humanoïdes, c'est-à-dire des robots conçus pour ressembler et se comporter comme des humains. Le 19 août 2026, elle est devenue le premier fabricant de robots humanoïdes à être coté en Bourse sur le Star Market, un marché boursier de Shanghai dédié aux entreprises technologiques innovantes. Son introduction en Bourse a été spectaculaire : son action a bondi de 460 % dès le premier jour, attirant l'attention des investisseurs. Le Star Market est comparable au Nasdaq américain ou au Nouveau Marché français : il permet aux jeunes entreprises innovantes de se financer plus facilement, mais avec des règles moins strictes que sur les marchés traditionnels.

Effondrement boursier

Malgré ce départ fulgurant, l'action d'Unitree a chuté brutalement dès le lendemain de son introduction en Bourse. En moins d'un mois, elle a perdu 44 % de sa valeur, effaçant plus de 200 milliards de yuans (soit 25,8 milliards d'euros) de capitalisation boursière. Cette chute brutale a été qualifiée de débâcle par le South China Morning Post, un quotidien hongkongais. À titre de comparaison, la capitalisation boursière d'Unitree s'élève encore à 190 milliards de yuans (24,5 milliards d'euros) après cette chute, mais cela reste 347 fois supérieur à ses bénéfices estimés pour l'année. Cette surévaluation soulève des questions sur la solidité financière réelle de l'entreprise.

Réaction des autorités

La chute d'Unitree a poussé les autorités chinoises à renforcer leur surveillance sur les introductions en Bourse des entreprises du secteur technologique, considéré comme stratégique par Pékin. Selon le South China Morning Post, le gouvernement chinois examine désormais de plus près trois critères pour les entreprises souhaitant s'introduire en Bourse : la croissance durable de leur chiffre d'affaires, leurs perspectives de bénéfices et leurs capacités d'innovation. Cette mesure vise à éviter les surévaluations excessives et à protéger les investisseurs. Les entreprises chinoises, surtout dans les secteurs high-tech, sont souvent soutenues par l'État, ce qui rend leur contrôle encore plus important pour éviter les abus.

Analyse des experts

Kelvin Lau, analyste à la banque d'investissement Daiwa Securities, estime que les résultats financiers d'Unitree ne justifient pas une valorisation aussi élevée. En effet, une capitalisation boursière 347 fois supérieure aux bénéfices annuels est bien supérieure à la moyenne des entreprises cotées sur le Star Market. Cette situation rappelle les bulles spéculatives, où les investisseurs surestiment la valeur future d'une entreprise sans tenir compte de ses performances réelles. Les autorités chinoises pourraient donc durcir les règles pour éviter que d'autres entreprises ne subissent le même sort qu'Unitree.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire s'inscrit dans un contexte où la Chine cherche à développer son secteur technologique, notamment dans les robots humanoïdes, un domaine considéré comme clé pour l'avenir industriel du pays. Cependant, les autorités veulent éviter une spéculation excessive qui pourrait nuire à la stabilité financière. Le *Star Market* de Shanghai, créé en 2019, est un outil important pour financer l'innovation, mais il doit concilier croissance et régulation. La chute d'Unitree montre les risques d'un emballement boursier dans un secteur encore jeune et peu mature, où les promesses technologiques peuvent dépasser les réalités économiques.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.