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Roches, peinture et maladie : ce que révèlent des autopsies des bélugas de Marineland

ICI Radio-Canada · mis à jour 26 sept.

Décès des bélugas de Marineland : des autopsies révèlent une maladie chronique antérieure au transfert..

Autopsies révélatrices

Des autopsies préliminaires menées sur deux bélugas transférés depuis Marineland (un parc zoologique de l'Ontario) vers le Shedd Aquarium de Chicago ont révélé une maladie gastro-intestinale grave et chronique avant leur déménagement. Les examens ont aussi détecté la présence de corps étrangers dans leur système digestif, comme des roches, des bâtons, des plumes et de la peinture. Ces objets ne sont pas directement responsables de leur mort, mais leur ingestion reflète un problème de santé sous-jacent. La maladie s’est développée sur plusieurs mois, voire années, indiquant qu’elle était présente avant leur transfert. Aucune preuve de maladie infectieuse ou transmissible n’a été trouvée. Le Shedd Aquarium souligne que ces animaux arrivaient avec des besoins de santé anciens et non évalués, rendant leur prise en charge complexe.

Transfert et décès

En raison de difficultés financières, Marineland, aujourd’hui fermé définitivement, avait menacé d’euthanasier ses animaux en 2025. Une opération de sauvetage a permis le transfert de 30 bélugas et 4 dauphins vers cinq aquariums (quatre aux États-Unis et un en Espagne) en six étapes. Les deux bélugas examinés à Chicago, Peekachu et Rain, sont morts après leur arrivée. Une autre femelle, Osiris (26 ans), est également décédée à Chicago, mais son autopsie n’est pas encore disponible. À Valence (Espagne), Jelly Bean (19 ans, un béluga) et Echo (30 ans, un dauphin) sont aussi morts après leur transfert. Marineland a qualifié ces décès de regrettables, tout en contestant les critiques du gouvernement fédéral, affirmant que l’ingestion d’objets est un comportement naturel chez les cétacés en captivité ou à l’état sauvage.

Comportements et négligence

Les corps étrangers retrouvés dans les estomacs des bélugas, comme des plumes, des bâtons ou des roches, sont interprétés comme des signes d’ennui ou de stress. Naomi Rose, spécialiste des mammifères marins à l’Animal Welfare Institute, explique que ces animaux, intelligents et curieux, peuvent avaler des objets par jeu s’ils ne sont pas surveillés. Les autopsies confirment que ces objets ne sont pas la cause directe des décès, mais reflètent un environnement inadapté. Le ministère des Pêches et Océans (MPO) du Canada a réagi en qualifiant ces résultats de négligence inacceptable pour la santé des animaux avant leur relocalisation. Marineland, de son côté, compare ce comportement à celui d’un animal domestique et défend la qualité des soins prodigués pendant 20 à 23 ans.

Ce que ça pourrait changer

Le MPO a salué le travail des professionnels ayant participé au sauvetage, offrant une fin digne aux animaux, mais a critiqué la gestion passée de Marineland. Camille Labchuk, directrice d’*Animal Justice*, dénonce l’inaction des gouvernements et l’absence de diligence raisonnable pour préparer les animaux au stress du transport. Elle craint que d’autres bélugas ne meurent dans les mois à venir. Le Shedd Aquarium, conscient des risques, avait anticipé que certaines baleines pourraient arriver avec des problèmes de santé graves et anciens, impossibles à évaluer pleinement avant le sauvetage. Les autorités provinciales avaient déjà documenté des préoccupations environnementales concernant Marineland, renforçant l’idée d’un manque de surveillance sur la santé des animaux.

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