Sur Truth Social, Trump affirme « La Lune est à nous », mais un traité international l’empêche de se l’approprier
Donald Trump a publié une image attribuant la Lune aux États-Unis. Pourtant, un traité international signé en 1967 interdit à tout pays d’en revendiquer la propriété..
Donald Trump a affirmé sur Truth Social, la plateforme de réseaux sociaux qu'il possède, que « la Lune est à nous ». Cette déclaration, faite en septembre 2026, s'inscrit dans une série de prises de position controversées de l'ancien président américain. Cependant, cette affirmation ignore un cadre juridique international qui encadre l'exploration et l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique. Selon ce cadre, aucun État ou particulier ne peut s'approprier un corps céleste comme la Lune, ce qui rend impossible une telle prétention. Cette position est soutenue par un traité international ratifié par la majorité des pays, y compris les États-Unis.
Le traité qui empêche toute appropriation de la Lune est appelé le Traité de l'espace ou Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes. Signé en 1967, ce texte est le fondement du droit international de l'espace. Il stipule que l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l'objet d'appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d'utilisation ou d'occupation, ni par tout autre moyen. Les États-Unis, comme 110 autres pays, sont parties à ce traité, ce qui signifie qu'ils s'engagent à respecter ces principes. Ce traité vise à éviter une course à l'appropriation des ressources spatiales et à promouvoir une exploration pacifique et coopérative de l'espace.
Bien que la Lune ne puisse être revendiquée par un État ou une entreprise, le traité de 1967 n'interdit pas l'exploitation de ses ressources, comme l'eau lunaire ou les minéraux. Cette nuance est importante, car elle ouvre la voie à des activités économiques dans l'espace, sous certaines conditions. Par exemple, des entreprises privées ou des agences spatiales pourraient extraire des ressources lunaires, mais elles ne pourraient pas en revendiquer la propriété exclusive. Cette interprétation a donné lieu à des débats internationaux, notamment sur la manière de réguler ces activités. En 2020, les États-Unis ont signé les Accords Artemis, un ensemble de principes pour une exploration lunaire responsable, qui incluent des règles sur l'exploitation des ressources. Cependant, ces accords ne remplacent pas le traité de 1967 et ne sont pas universellement adoptés.
La déclaration de Trump sur Truth Social a suscité des réactions variées au niveau international. Plusieurs pays et organisations ont rappelé que le traité de 1967 interdit toute appropriation de la Lune, soulignant que l'espace doit rester un domaine de coopération et non de rivalité. Par exemple, l'Agence spatiale européenne (ESA) a réaffirmé son engagement envers le droit international de l'espace, tandis que des experts juridiques ont rappelé que les déclarations unilatérales comme celle de Trump n'ont aucune valeur juridique. Cette situation illustre les tensions persistantes autour de l'exploration spatiale, entre ambitions nationales, intérêts privés et cadre juridique international.
L'exploration lunaire et l'exploitation de ses ressources représentent des enjeux majeurs pour l'avenir de l'humanité. Des missions comme le programme *Artemis* de la NASA, qui vise à envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2026, ou les projets d'entreprises privées comme SpaceX, pourraient transformer notre rapport à l'espace. Cependant, ces avancées soulèvent des questions éthiques, juridiques et économiques. Comment partager équitablement les ressources lunaires ? Comment éviter une militarisation de l'espace ? Ces défis nécessitent une coopération internationale renforcée et une mise à jour des traités existants pour s'adapter aux nouvelles réalités technologiques et économiques. La déclaration de Trump rappelle l'importance de ces débats dans un contexte où l'espace devient un terrain de compétition géopolitique.

