«Heart of the Beast»: entre chien et nous
Brad Pitt. Un chien.
Le film Heart of the Beast (Au cœur de la bête en version française) raconte l’histoire d’un vétéran des forces spéciales américaines, James Belmont, interprété par Brad Pitt, et de son chien de combat, Odin. Tous deux souffrent de choc post-traumatique (un trouble psychologique résultant d’expériences traumatisantes, comme des combats ou des accidents). Leur quête de sens les mène en Alaska, où ils doivent survivre dans un environnement naturel hostile après qu’un accident d’hydravion les a laissés à près de 100 kilomètres de toute civilisation. Le film explore leur lutte pour la survie, mais aussi leur relation, marquée par une complicité profonde entre l’homme et l’animal.
David Ayer, le réalisateur de Heart of the Beast, est connu pour ses films centrés sur des personnages en marge de la société, comme Training Day (2001) ou End of Watch (2012). Son œuvre précédente, Fury (2014), mettait en scène Brad Pitt dans un tank pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce nouveau film, Ayer transpose cette idée de survie dans un cadre naturel extrême, l’Alaska, filmé en Nouvelle-Zélande pour des raisons de coût et de logistique. Le réalisateur est reconnu pour sa maîtrise des scènes de tension et de suspense, un style qu’il applique ici avec une intensité maximale.
Le film se déroule dans des paysages grandioses et sauvages, comparés à ceux de The Lord of the Rings (la trilogie du Seigneur des Anneaux), en raison des lieux de tournage en Nouvelle-Zélande. La photographie, assurée par Mauro Fiore, met en valeur ces décors naturels. Cependant, les effets visuels générés par ordinateur (CGI, pour Computer-Generated Imagery) sont critiqués pour leur laideur, notamment lors des scènes impliquant des animaux sauvages comme des grizzlis ou des loups. Ces créatures, bien que réalistes, semblent artificielles, ce qui peut nuire à l’immersion.
Le personnage principal, James Belmont, est un ancien soldat marqué par son passé. Son histoire est révélée à travers des flashbacks (retours en arrière) filmés en caméra à l’épaule, avec une esthétique sépia et une violence crue. Ces séquences, bien que répétitives, deviennent cruciales à la fin du film pour expliquer les motivations du personnage. Odin, le chien de combat, joue un rôle central. Interprété principalement par le berger allemand Uber, il incarne un amour inconditionnel et une loyauté absolue envers son maître. Leur relation est au cœur du film, bien que le scénario, signé Cameron Alexander, soit jugé mince et prévisible.
La bande originale du film, composée par Jared Michael Fry, est décrite comme envahissante et étouffante. Contrairement à une musique qui accompagne les images, elle les englue, selon la critique. Malgré ces défauts, le film est salué pour son final émouvant, qui touche le spectateur, à condition qu’il ne soit pas insensible. Les performances de Brad Pitt et du chien Uber sont particulièrement appréciées, tandis que les autres acteurs, comme J.K. Simmons ou Anna Lambe, ont des rôles plus anecdotiques ou utilitaires. Le film aborde aussi, indirectement, la question des chiens de combat utilisés dans l’armée, présentés comme des héros, une notion qui peut interroger le spectateur.

