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Environnement

Pouria Amirshahi, député écologiste : «Le RN ne supporte pas de voir cette jeunesse se mobiliser autour d’idées qui ne sont pas les siennes»

Vert.eco · mis à jour il y a 16 j

Il est celui qui a mis à mal la séquence médiatique de Jordan Bardella, dimanche, devant un commissariat de la capitale. Au lendemain de son altercation avec le leader nationaliste, Pouria Amirshahi persiste à accuser l'extrême droite de vouloir tirer profit des violences du 17 octobre..

Altercation médiatique

Le 18 octobre 2026, Pouria Amirshahi, député écologiste de Paris, a interpellé publiquement Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), devant un commissariat du 3ème arrondissement de Paris. Cette scène a été largement relayée sur les réseaux sociaux, avec 8 millions de vues sur Instagram. Amirshahi a critiqué Bardella pour son attitude perçue comme opportuniste, l’accusant de se comporter comme un charognard exploitant les violences du 17 octobre pour servir ses intérêts politiques. Selon Amirshahi, Bardella incarne une posture autoritaire typique de l’extrême droite, cherchant à incarner l’ordre tout en alimentant les tensions. L’écologiste a également souligné que Bardella, bien que soigné en apparence, ne s’était pas rendu sur le terrain, ce qui a renforcé son rejet de cette approche politique.

Mouvement lycéen et RN

Amirshahi explique que le Rassemblement national (RN) est particulièrement irrité par la mobilisation massive et joyeuse de la jeunesse autour d’idées politiques qui lui sont étrangères. Pour l’écologiste, le RN ne supporte pas de voir une génération s’engager dans des causes progressistes, comme celle des lycéens, qui ont organisé des manifestations créatives et pacifiques. Cette jeunesse, selon lui, représente une menace pour l’extrême droite, car elle incarne des valeurs opposées à son idéologie. Amirshahi ajoute que le RN tente de discréditer ce mouvement en le associant à des violences, alors que les cortèges étaient initialement pacifiques et inventifs.

Responsabilité gouvernementale

Amirshahi attribue la responsabilité des violences du 17 octobre 2026 au gouvernement, notamment au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Il critique la réponse gouvernementale, jugée inefficace et provocatrice, avec une utilisation excessive des forces de l’ordre lors des manifestations. Selon lui, le gouvernement n’a pas su anticiper ni gérer les tensions, ce qui a conduit à des affrontements et à des interpellations arbitraires. Il demande la démission de Nuñez, estimant qu’un ministre incapable de garantir un maintien de l’ordre adapté doit assumer les conséquences. Amirshahi évoque également la nécessité d’une commission d’enquête parlementaire pour éclaircir les événements de cette journée.

Pornographie de la violence

L’écologiste dénonce une pornographie de la violence, c’est-à-dire une surexposition médiatique des images de saccages et de violences, qui selon lui alimente une fascination morbide chez certains responsables politiques, comme Jordan Bardella ou Gabriel Attal. Cette saturation visuelle, diffusée en boucle à la télévision, crée un climat de peur et de division dans la société. Amirshahi estime que cette stratégie est dangereuse, car elle détourne l’attention des enjeux réels et sert les intérêts de l’extrême droite en légitimant un discours sécuritaire. Il plaide pour un traitement médiatique plus responsable, axé sur des solutions et des valeurs positives plutôt que sur la peur.

Ultra-gauche et manipulation

Emmanuel Macron et son gouvernement sont accusés par Amirshahi de désigner l’ultra-gauche comme responsable des violences, une expression floue et controversée. Selon la procureure générale de Paris, aucun élément ne permet à ce stade d’affirmer que les casseurs proviennent de groupes spécifiques. Pour Amirshahi, cette accusation est une vulgate, c’est-à-dire un discours simpliste et répétitif, visant à discréditer la gauche et à justifier des mesures répressives. Il dénonce une stratégie politique qui, selon lui, sert les intérêts de l’extrême droite et des partisans de l’ordre, tout en masquant les échecs du gouvernement dans la gestion des tensions sociales.

Risque autoritaire

Amirshahi exprime sa crainte que la France, comme d’autres démocraties libérales, bascule dans un pouvoir autoritaire, notamment sous l’influence de l’extrême droite. Il souligne que tous les ingrédients sont réunis pour favoriser un discours sécuritaire et répressif, avec une vision phallique de la politique, c’est-à-dire une approche autoritaire et dominante. Pour contrer cette tendance, il appelle à un réveil démocratique et à une mobilisation des forces progressistes. Il mentionne la création de La Digue, une organisation internationale visant à fédérer les résistances face à une éventuelle montée de l’autoritarisme, en identifiant les lignes de défense à adopter.

Ce que ça pourrait changer

Face au risque que représente l’extrême droite, Amirshahi plaide pour une unité de la gauche, notamment en vue de l’élection présidentielle. Il propose la signature d’un *contrat de gouvernement* entre les forces de gauche, garantissant une gouvernance commune quel que soit le candidat élu. Cette initiative vise à montrer aux électeurs qu’il existe une alternative crédible à l’extrême droite et aux héritiers d’Emmanuel Macron. Amirshahi reconnaît que les divisions au sein de la gauche sont un luxe que le pays ne peut se permettre, et que les électeurs de gauche attendent une réponse unie pour éviter un basculement dans l’autoritarisme.

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