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Comment naît notre conscience ? Des chercheurs rabattent les cartes après de nouvelles découvertes sur son origine cérébrale

Science & Vie · mis à jour il y a 27 j

Comment un amas de neurones fait-il naître un ressenti. Les neuroscientifiques nomment cette énigme le problème difficile, et nul ne sait quand un enfant à naître commence à percevoir.

Le problème difficile

Les neuroscientifiques désignent par problème difficile (hard problem en anglais) une énigme majeure de la science : comment notre cerveau, composé de milliards de cellules nerveuses appelées neurones, produit-il des expériences subjectives comme la conscience, le ressenti ou la sensation d’exister. Ce concept a été formalisé par le philosophe David Chalmers en 1995. Contrairement à d’autres fonctions cérébrales, comme la mémoire ou le mouvement, la conscience ne se réduit pas à un simple mécanisme observable. Elle implique une dimension subjective, impossible à mesurer directement. Par exemple, savoir comment un amas de neurones génère la sensation de voir la couleur bleue reste une question ouverte. Les chercheurs tentent de comprendre à quel moment cette conscience émerge, notamment chez l’humain, sans disposer de consensus.

Le rôle du cortex

Traditionnellement, les scientifiques associaient l’éveil de la conscience à une région cérébrale appelée cortex, plus précisément le cortex cérébral, une couche de tissu nerveux située à la surface du cerveau et impliquée dans des fonctions complexes comme le langage, la pensée ou la perception. Cette zone, très développée chez l’humain, était considérée comme le siège de la conscience. Cependant, des découvertes récentes remettent en cause cette hypothèse. Le cortex n’est plus vu comme l’unique responsable de l’émergence de la conscience. En effet, des structures cérébrales plus anciennes, comme le tronc cérébral ou le thalamus, pourraient jouer un rôle clé dès les premiers stades de la vie, y compris avant la naissance.

Les structures anciennes du cerveau

Le tronc cérébral est une partie primitive du cerveau, située à la base du crâne, qui régule des fonctions vitales comme la respiration, le rythme cardiaque ou le sommeil. Le thalamus, quant à lui, agit comme un relais sensoriel, transmettant les informations des sens au cortex. Ces deux structures, bien moins complexes que le cortex, pourraient être à l’origine des premières formes de conscience chez le fœtus. Selon un nouveau modèle proposé par des chercheurs, ces zones anciennes seraient capables de générer une conscience basique, même en l’absence de cortex fonctionnel. Cela suggère que la conscience ne nécessite pas nécessairement des structures cérébrales évoluées, mais plutôt un réseau de neurones capable de traiter des informations simples.

L’éveil de la conscience fœtale

Jusqu’à présent, on ignorait à quel moment un fœtus commence à percevoir son environnement. Les nouvelles hypothèses situent cet éveil bien plus tôt que prévu, probablement dès le deuxième trimestre de la grossesse. À ce stade, le tronc cérébral et le thalamus sont déjà formés et fonctionnels, contrairement au cortex, qui n’atteint sa maturité qu’après la naissance. Cette découverte soulève des questions éthiques et médicales, notamment sur les implications pour l’avortement ou les soins prénatals. Si un fœtus peut ressentir des stimuli dès ce stade, cela pourrait influencer les débats sur le début de la vie et les droits du fœtus. Cependant, ces hypothèses restent théoriques et nécessitent des recherches supplémentaires pour être confirmées.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces avancées, les scientifiques reconnaissent que leurs modèles restent incomplets. Aucune méthode ne permet aujourd’hui de mesurer directement la conscience chez un fœtus ou un nouveau-né. Les chercheurs s’appuient sur des indicateurs indirects, comme l’activité cérébrale ou les réactions à des stimuli externes, pour évaluer l’émergence de la conscience. Par exemple, des études en imagerie cérébrale (comme l’IRM fonctionnelle) montrent que certaines zones du cerveau s’activent en réponse à des sons ou à la lumière, mais cela ne prouve pas l’existence d’une expérience consciente. Les neuroscientifiques soulignent donc la nécessité de développer de nouvelles techniques pour percer ce mystère.

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