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Géopolitique

“Si Thélyson Orélien n’avait pas été noir, est-ce qu’on aurait mis son texte sur Pangram ?”

Courrier International · mis à jour 25 sept.

Journaliste américain et chroniqueur du “Guardian”, Alexander Hurst livre ses impressions sur l’affaire Thélyson Orélien, qui a explosé en France et a notamment été alimentée par la sphère médiatique d’extrême droite. Un épisode qui illustre bien, selon lui, les fractures profondes qui traversent l’Hexagone..

Affaire Orélien et IA

En septembre 2026, une polémique éclate en France autour de l’écrivain québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien, accusé d’avoir utilisé une intelligence artificielle générative (IA) pour rédiger son roman C’était ça ou mourir, en lice pour le prix Goncourt, l’un des prix littéraires les plus prestigieux en France. L’affaire est initialement soulevée par l’essayiste Samuel Fitoussi, collaborateur du quotidien Le Figaro, avant d’être amplifiée par des comptes d’extrême droite sur les réseaux sociaux. Le Goncourt est un prix annuel récompensant un roman écrit en français, souvent considéré comme un tremplin pour la carrière des écrivains. L’accusation d’utilisation d’IA dans la création littéraire soulève des questions éthiques et techniques, notamment sur la frontière entre assistance technologique et plagiat.

Rôle des médias

L’affaire prend une dimension médiatique et politique en France, où les accusations contre Orélien sont relayées de manière disproportionnée par l’extrême droite. Le journaliste américain Alexander Hurst, chroniqueur pour le Guardian, souligne que cette polémique illustre les fractures profondes de la société française, comparables aux guerres culturelles qui divisent les États-Unis depuis des années. Ces conflits opposent souvent des visions opposées de l’identité nationale, de la place des minorités et de l’innovation technologique. Hurst explique que la France, comme les États-Unis, voit émerger des débats où tout sujet devient un enjeu politique polarisé, transformant des questions littéraires ou technologiques en combats idéologiques.

Question de couleur de peau

Le titre de l’article pose une question provocante : « Si Thélyson Orélien n’avait pas été noir, est-ce qu’on aurait mis son texte sur Pangram ? ». Pangram est une plateforme littéraire française qui met en avant des textes contemporains. Cette interrogation met en lumière le rôle de la race et des préjugés dans l’évaluation de la légitimité d’un écrivain. Hurst suggère que la couverture médiatique de l’affaire a pu être influencée par des stéréotypes ou des biais inconscients liés à l’origine ethnique d’Orélien. Cette hypothèse s’inscrit dans un débat plus large sur la diversité dans le milieu littéraire et les obstacles rencontrés par les auteurs issus de minorités.

Contexte politique français

L’interview d’Alexander Hurst est publiée le 25 septembre 2026, dans un contexte où la France traverse une période de tensions sociales et politiques. Les accusations contre Orélien surviennent alors que le pays est déjà marqué par des débats houleux sur l’immigration, l’identité nationale et l’influence des minorités. Hurst compare cette situation à celle des États-Unis, où les questions raciales et culturelles sont souvent instrumentalisées à des fins politiques. En France, l’extrême droite utilise régulièrement des affaires comme celle-ci pour alimenter des discours sur la « menace » que représenteraient les minorités ou les innovations technologiques, comme l’IA.

Ce que ça pourrait changer

Malgré la polémique, plusieurs voix s’élèvent pour défendre Thélyson Orélien. L’écrivain haïtien-canadien Dany Laferrière, membre de l’Académie française, prend publiquement sa défense en le décrivant comme *« une vraie promesse d’écrivain »*. Cette réaction illustre la solidarité au sein de la communauté littéraire, mais aussi les divisions persistantes sur la question de l’authenticité et de l’originalité dans la création artistique. Par ailleurs, des médias québécois soulignent que les soupçons d’utilisation d’IA ont pu être exacerbés par des préjugés envers les auteurs issus de l’immigration ou des pays francophones hors de France.

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