Donald Trump a ordonné de réduire drastiquement l’exercice militaire conjoint annuel avec la Corée du Sud
Cette annonce intervient alors que les États-Unis ne disposent plus de porte-avions dans le Pacifique. L’article Donald Trump a ordonné de réduire drastiquement l’exercice militaire conjoint annuel avec la Corée du Sud est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Dans la nuit du 17 août 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social, une plateforme de réseaux sociaux, avoir ordonné une réduction drastique des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Ces exercices, appelés Ulchi Freedom Shield et prévus du 17 au 27 août, simulent une attaque nord-coréenne pour tester la coordination entre les armées sud-coréenne et américaine. Trump a justifié cette décision en critiquant le coût élevé de ces manœuvres, estimant qu’elles envoient un signal « hostile » à la Corée du Nord (Pyongyang) et que la Corée du Sud ne participe pas suffisamment aux dépenses. Il a également reproché à Séoul de ne pas avoir soutenu les États-Unis dans leur conflit contre l’Iran. Le président américain a évoqué ses « excellentes » relations avec Kim Jong-un, dirigeant de la Corée du Nord, sans préciser si cette décision pourrait influencer les négociations diplomatiques en cours.
L’exercice Ulchi Freedom Shield est organisé chaque année depuis 1976 pour renforcer la capacité de réaction des forces armées sud-coréennes et américaines face à une éventuelle attaque nord-coréenne. En 2026, il devait mobiliser environ 18 000 soldats sud-coréens et un nombre similaire de militaires américains, bien que le nombre exact de soldats américains n’ait pas été communiqué. Les forces américaines en Corée du Sud comptent actuellement 28 500 hommes. Un responsable de l’État-major interarmées a déclaré que l’exercice se déroulerait « conformément au plan » malgré l’annonce de Trump. Par ailleurs, les armées ont adapté les scénarios pour tenir compte des nouvelles capacités opérationnelles de la Corée du Nord, notamment après le retour de soldats nord-coréens ayant combattu en Ukraine, ce qui leur a donné une expérience du combat réel.
Cette décision intervient dans un contexte où les États-Unis font face à des défis logistiques majeurs dans la région Asie-Pacifique. L’USS George Washington, un porte-avions américain, a quitté le Pacifique pour être remplacé par l’USS Abraham Lincoln au Moyen-Orient. Ce porte-avions était en mission depuis 266 jours sans escale, période durant laquelle des problèmes de moral et de conditions de vie des marins ont été signalés, comme des tentatives de suicide, des pénuries de produits d’hygiène et des pannes techniques. Ces difficultés illustrent les tensions actuelles sur les ressources militaires américaines, alors que la stratégie de défense nationale des États-Unis publiée en janvier 2026 place la défense de l’hémisphère occidental comme priorité absolue, reléguant l’Asie au second plan.
La décision de Trump semble contradictoire avec la politique américaine récente envers la Corée du Sud. En janvier 2026, la Corée du Sud avait été qualifiée d’« allié modèle » par les États-Unis en raison de sa nouvelle doctrine de défense nationale et de l’augmentation record de ses dépenses militaires en 2025. De plus, le 13 août 2026, Trump avait signé un mémorandum visant à relancer la Marine américaine, autorisant des constructeurs navals étrangers, dont le sud-coréen Hanwha Ocean, à construire des navires aux États-Unis. Cette mesure vise à renforcer la base industrielle navale américaine, mais elle contraste avec la réduction des exercices militaires conjoints, perçue comme un signal de désengagement stratégique.
La presse coréenne s’attend à ce que cette décision ait un impact sur l’ampleur, la méthode et le calendrier des exercices militaires conjoints à l’avenir. Shashank Joshi, analyste pour *The Economist*, souligne que les alliances des États-Unis sont souvent mises à l’épreuve en période de divergences politiques, mais que la subordination des garanties de sécurité (comme les déploiements de troupes ou les exercices) à la participation des alliés à des conflits choisis par Washington est une approche inhabituelle. Cette situation reflète les tensions croissantes entre les priorités stratégiques américaines et les attentes de leurs partenaires, notamment en Asie, où la montée des tensions avec la Chine et la Corée du Nord reste une préoccupation majeure.

