Le Ghana veut rejoindre les Brics, avec le soutien de l’Inde
Le Ghana s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son rapprochement avec les puissances émergentes. Accra prépare sa candidature pour rejoindre les Brics, avec le soutien affiché de l’Inde.
Le Ghana a annoncé officiellement son intention de rejoindre le groupe des Brics, une coalition de puissances émergentes. Cette candidature marque une volonté du pays de diversifier ses partenariats économiques et de réduire sa dépendance vis-à-vis des institutions occidentales comme le G7 (Groupe des sept, composé des États-Unis, de l’Allemagne, du Canada, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni). Le Ghana devra cependant obtenir l’accord unanime des membres actuels des Brics, car chacun dispose d’un droit de veto sur les nouvelles adhésions. Le processus pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant une éventuelle intégration.
L’Inde, membre fondateur des Brics depuis 2009 aux côtés du Brésil, de la Chine et de la Russie, a exprimé son soutien à la candidature du Ghana. Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique économique croissante entre les deux pays : leurs échanges commerciaux ont presque doublé en deux ans, passant de 2,7 milliards à près de 6,3 milliards d’euros. Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a souligné que l’adhésion du Ghana dépendrait d’une décision collective des membres du groupe. L’Inde joue un rôle clé dans l’accompagnement du dossier ghanéen, en tant que membre influent des Brics.
Les Brics représentent aujourd’hui environ 41 % du PIB mondial (Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire la valeur totale de tous les biens et services produits dans un pays), contre 28 % pour le G7. Pour le Ghana, rejoindre ce groupe offrirait un accès à de nouveaux marchés et à des financements alternatifs, tout en renforçant sa souveraineté sur ses ressources naturelles. Le pays souhaite notamment réduire sa dépendance à l’exportation de matières premières brutes et éviter les conditionnalités imposées par certaines institutions internationales, comme des réformes structurelles en échange de prêts.
Les Brics proposent deux types de statuts pour les nouveaux candidats : le statut de membre de plein droit, réservé à 10 pays (dont 3 africains : l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie), et le statut de pays partenaire, un statut intermédiaire. En janvier 2025, le Nigeria, l’Ouganda et l’Algérie ont intégré cette seconde catégorie. Le Ghana n’a pas encore précisé le statut qu’il vise ni la date de dépôt de sa candidature. Cette flexibilité pourrait faciliter son intégration progressive au groupe.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a déclaré que le Ghana ne comptait pas rompre avec ses partenaires traditionnels, mais souhaitait « se faire de nouveaux amis ». Cette démarche reflète une volonté de rééquilibrer les relations internationales du pays, en s’appuyant sur des alliances avec des puissances émergentes. Le Ghana espère ainsi gagner en autonomie face aux pressions économiques et politiques exercées par les pays occidentaux, tout en défendant une vision plus multipolaire de l’ordre mondial.

