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Généraliste

Une partie de Terre-Neuve- et -Labrador est située dans une circonscription du Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 oct.

Un résident de Terre-Neuve-et-Labrador pourrait-il voter dans Duplessis?.

Frontière contestée

Une partie de la circonscription québécoise de Duplessis, située sur la Côte-Nord, s’étend sur une zone du sud du Labrador, officiellement属于 Terre-Neuve-et-Labrador. Cette bande de territoire fait l’objet d’un différend territorial entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador depuis près d’un siècle. Sur les cartes officielles du gouvernement du Québec, cette frontière est représentée par un trait pointillé accompagné de la mention Tracé de 1927 du Conseil privé (non définitif), indiquant que le Québec ne reconnaît pas cette délimitation comme définitive. La superficie de Duplessis est de 249 090,96 kilomètres carrés, ce qui en fait la deuxième plus grande circonscription du Québec après Ungava. Elle compte 48 000 habitants, principalement concentrés à Sept-Îles et Port-Cartier, avec 37 073 électeurs inscrits pour l’élection générale québécoise du 5 octobre 2026.

Origine du conflit

Le conflit territorial remonte à la fin du 19e siècle, lorsque Terre-Neuve, alors un dominion britannique indépendant du Canada, a commencé à délivrer des permis d’exploitation forestière dans cette zone. Le différend s’est intensifié avec le développement de l’industrie de la pâte à papier. En 1927, le Conseil privé de Londres, une cour d’appel suprême de l’Empire britannique, a rendu une décision fixant la frontière entre le Québec et Terre-Neuve. Cette décision, qualifiée d’ultra petita par le Québec, signifie qu’elle accorde plus que ce qui était initialement demandé par les parties en litige. Le Québec estime que cette décision était injuste et illogique. En 1949, Terre-Neuve est devenue une province canadienne, et sa frontière avec le Québec a été intégrée à la Constitution canadienne. Le gouvernement du Canada à l’époque n’aurait pas défendu adéquatement les intérêts du Québec, selon le Livre bleu sur l’indépendance du Québec publié par le Parti québécois (PQ) en juin 2025.

Enjeux économiques

Le différend territorial porte notamment sur cinq réseaux fluviaux qui s’écoulent vers le sud, en direction du golfe du Saint-Laurent. Ces rivières représentent un potentiel hydroélectrique important. Pour le Québec, le refus de reconnaître cette zone comme属于 Terre-Neuve-et-Labrador pourrait constituer un levier d’influence politique et économique. Kathryn Furlong, professeure de géographie à l’Université de Montréal et originaire du Labrador, souligne que cette dispute dépasse le cadre juridique : elle reflète aussi des enjeux de contrôle des ressources naturelles. Le Québec considère que la décision de 1927 lui a été défavorable et cherche à obtenir une compensation ou un règlement politique, notamment dans le cadre d’un éventuel projet de souveraineté québécoise.

Positions des gouvernements

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, dirigé par Tony Wakeham, affirme que la question des frontières est réglée depuis longtemps par une décision légale et contraignante. Dans une déclaration écrite, il précise que les frontières de la province sont claires et reconnues, et qu’aucun changement n’est envisagé. De son côté, le Québec maintient que la frontière définie en 1927 n’est pas définitive et continue de revendiquer cette zone. Gabriel Sauvé-Lesiège, porte-parole d’Élections Québec, indique que si un résident de Terre-Neuve-et-Labrador vivant dans cette zone était inscrit sur la liste électorale québécoise, une analyse minutieuse serait nécessaire pour déterminer s’il pourrait voter. Aucune personne n’est actuellement inscrite dans cette situation.

Conséquences électorales

Bien que la zone fasse partie de la circonscription québécoise de Duplessis, un résident de Terre-Neuve-et-Labrador qui s’y trouverait ne pourrait pas voter à l’élection générale québécoise du 5 octobre 2026, car il n’est pas inscrit sur la liste électorale permanente du Québec. Élections Québec précise qu’aucune inscription n’a été enregistrée pour cette zone. Si une telle situation se produisait, une évaluation approfondie serait menée pour vérifier l’éligibilité de l’électeur. Cette question reste donc hypothétique pour l’instant, mais elle illustre les tensions persistantes autour de cette frontière contestée.

Ce que ça pourrait changer

Le *Livre bleu sur l’indépendance du Québec*, publié par le Parti québécois (PQ), reconnaît qu’il n’existe aucun recours légal pour invalider la décision du Conseil privé de 1927. Selon ce document, la seule voie possible pour le Québec serait de proposer un règlement politique ou une compensation financière, notamment dans le cadre de négociations avec le Canada si le Québec devenait indépendant. Le PQ souligne que cette dispute frontalière pourrait être abordée lors d’éventuelles négociations de souveraineté. Cependant, aucune solution concrète n’a été mise en place à ce jour, et le conflit territorial reste en suspens.

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