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Généraliste

Une visite de l’hôpital équin de la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

Unique au Québec et le plus grand au Canada, il soigne 1900 chevaux chaque année. «Le Devoir» s’est rendu sur place..

Unique hôpital vétérinaire équin

L’hôpital équin du Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de l’Université de Montréal, situé à Saint-Hyacinthe, est le seul centre vétérinaire spécialisé dans les soins aux chevaux au Québec. Fondé par la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM, il prend en charge environ 1900 chevaux chaque année, principalement en provenance du Québec et de l’Ontario. Autrefois axé sur les chevaux de course, l’hôpital traite aujourd’hui majoritairement des chevaux de loisirs appartenant à des particuliers. L’établissement accueille aussi des espèces moins courantes comme des ânes, des lamas, des alpagas ou même des zèbres. Son équipe pluridisciplinaire, composée de chirurgiens, d’internes, de résidents, de techniciens en santé animale et de préposés, offre des soins spécialisés allant des interventions chirurgicales aux examens de boiterie ou digestifs.

Intervention chirurgicale sur Teddy

Le cheval Teddy, un Quarter Horse de sept ans, a subi une intervention chirurgicale sous la direction du chirurgien Louis Kamus. L’opération, réalisée sous anesthésie locale et sédation, consistait à exciser un hygroma, une inflammation douloureuse du coude très fréquente chez les chevaux. Cette pathologie, bien que courante, nécessite une prise en charge rapide pour éviter des complications. Autour du chirurgien, une équipe composée d’internes, de résidents, de techniciens et de préposés a collaboré pour assurer le bon déroulement de l’intervention. L’hôpital dispose d’équipements modernes et d’un personnel formé pour gérer ce type de cas, qui représentent une part significative de son activité annuelle.

Diagnostic de boiterie chez Smoky

Le cheval Smoky a été amené à l’hôpital pour un problème de boiterie dont l’origine n’était pas immédiatement identifiable. La propriétaire, Yasmine Kose, a filmé son cheval en mouvement, ce qui a permis à l’équipe vétérinaire, menée par la Dre Karine Pader, d’analyser sa démarche. Comme les chevaux ne peuvent pas exprimer verbalement leur douleur, les vétérinaires doivent recourir à une série d’examens méthodiques. Dans le cas de Smoky, l’équipe a plié ses genoux et administré un anesthésiant local pour localiser précisément la source de la douleur. Cette approche systématique est essentielle pour établir un diagnostic précis et proposer un traitement adapté.

Examens d'imagerie médicale

Pour affiner le diagnostic de la boiterie de Smoky, l’équipe a combiné deux techniques d’imagerie médicale. D’abord, une radiographie du pied arrière droit a été réalisée par l’interne Oanelle Costard pour visualiser les os et les articulations. Ensuite, l’interne Florie Garciaz a effectué une échographie du même endroit pour examiner les tissus mous, tels que les tendons et les ligaments, souvent impliqués dans les problèmes de boiterie. Ces examens, réalisés sous sédation et surveillés en permanence par une préposée, permettent d’obtenir une image complète de l’état de santé du cheval. Les internes, déjà diplômés en médecine vétérinaire, passent une année à l’hôpital pour se spécialiser en médecine équine avant de pouvoir exercer en tant que vétérinaires spécialistes.

Soins postopératoires et digestifs

Dans un box postopératoire, la technicienne en santé animale Gabrielle Perot a nettoyé le cathéter du cheval Valkyrie, qui venait de subir une extraction dentaire. Les soins postopératoires sont cruciaux pour éviter les infections et favoriser une récupération rapide. Par ailleurs, l’hôpital prend en charge de nombreux chevaux souffrant de douleurs abdominales, liées à la fragilité de leur système digestif, particulièrement long. Pour diagnostiquer ces problèmes, des examens comme la gastroscopie sont réalisés. Cette technique consiste à introduire une sonde dans la narine du cheval pour visualiser son estomac et prélever de minuscules échantillons de tissu (biopsies) à des fins d’analyse. Ces prélèvements aident à identifier la cause des douleurs et à adapter le traitement.

Prise en charge des poulains

L’hôpital soigne également des poulains, comme celui souffrant d’une dislocation de la hanche. Dans ce cas, la technicienne Gabrielle Perot a dû aider le poulain à téter sa mère, une étape essentielle pour sa survie et sa récupération. Les soins aux poulains représentent un défi particulier, car leur état de santé peut évoluer rapidement. L’équipe vétérinaire doit donc être réactive et attentive à chaque détail. L’hôpital, en plus de traiter des chevaux adultes, accueille des animaux de toutes tailles et espèces, ce qui en fait un centre de référence pour la médecine vétérinaire équine et exotique au Québec.

Formation et spécialisation

L’hôpital équin joue un rôle clé dans la formation des futurs vétérinaires spécialisés en médecine équine. Les internes, comme Florie Garciaz ou Alix Gaudré, sont des vétérinaires déjà diplômés qui passent une année à l’hôpital pour acquérir une expertise pratique. Après cette période, certains choisissent de poursuivre leur formation par une résidence de trois ans dans un des départements de l’hôpital, comme la chirurgie ou la médecine interne. Ce parcours permet d’obtenir une certification en médecine équine. L’établissement combine ainsi soins aux animaux, recherche et enseignement, contribuant à l’avancée des connaissances vétérinaires dans ce domaine.

Ce que ça pourrait changer

Pour assurer une prise en charge sécurisée et efficace des chevaux, l’hôpital dispose d’un système de pharmacie automatisée et sécurisée. Ce dispositif permet aux internes et techniciens d’accéder aux médicaments 24 heures sur 24, tout en garantissant un contrôle strict des stocks et des doses administrées. Ce système limite les erreurs de médication et optimise la gestion des traitements, essentiels pour des animaux souvent fragiles ou en phase de récupération. La précision dans l’administration des médicaments est cruciale, notamment lors d’interventions chirurgicales ou de soins postopératoires.

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