La Chine veut mettre fin à la guerre en Iran à sa manière
En proposant aux BRICS+ de jouer les médiateurs au Moyen-Orient, Xi Jinping cherche à transformer le chaos provoqué par Donald Trump en opportunité. L’article La Chine veut mettre fin à la guerre en Iran à sa manière est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Lors du sommet des BRICS+ à New Delhi le 12 septembre 2026, le président chinois Xi Jinping a proposé que les membres de ce groupe jouent un rôle actif dans l'établissement de la paix au Moyen-Orient et dans la région du Golfe. Cette déclaration intervient alors que le conflit en Iran, déclenché le 28 février 2026, s'enlise malgré plusieurs tentatives de médiation, comme le cessez-le-feu du 8 avril ou le mémorandum d'Islamabad du 17 juin, tous deux échoués en juillet. Xi Jinping a souligné que la guerre cause des pertes graves aux populations locales et ne sert pas les intérêts de la communauté internationale. Les BRICS+ regroupent des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, ainsi que d'autres nations émergentes, et forment un forum où des pays en conflit direct, comme l'Iran et les Émirats arabes unis, peuvent dialoguer. Cette initiative permet à la Chine de se positionner comme un acteur clé dans la résolution des crises régionales, tout en partageant la responsabilité politique avec d'autres nations.
La proposition de médiation chinoise survient dans un contexte où les autres tentatives de résolution du conflit en Iran ont échoué. Le 14 septembre 2026, une réunion prévue sur l'ouverture du détroit d'Ormuz, réunissant l'Oman, l'Iran et d'autres pays de la région, a été reportée, illustrant l'impasse actuelle. Par ailleurs, les États-Unis, sous l'administration de Donald Trump, peinent à trouver une issue à la crise avant les élections de mi-mandat. La Chine, qui prendra la présidence des BRICS en 2027, cherche à renforcer son influence dans le Sud global, un ensemble de pays en développement souvent opposés aux positions occidentales. Cette dynamique s'inscrit dans une stratégie plus large où Pékin utilise la médiation au Moyen-Orient comme vitrine de sa contribution à la sécurité mondiale, après avoir notamment négocié en 2023 l'accord de normalisation entre l'Arabie saoudite et l'Iran à Pékin.
Malgré sa proposition de médiation, la Chine est accusée par les États-Unis d'avoir indirectement soutenu l'Iran dans le conflit. Selon le Wall Street Journal du 12 septembre 2026, des images satellites à haute résolution fournies par des entreprises chinoises auraient aidé l'Iran à cibler la base aérienne de Muwaffaq Salti en Jordanie, lors d'une frappe de missiles balistiques le 17 juillet 2026 qui a tué trois soldats américains. Washington a sanctionné en mai 2026 trois entreprises chinoises spécialisées dans l'imagerie spatiale : MizarVision, Earth Eye et Chang Guang. La Chine a démenti toute implication, qualifiant ces accusations de tentative de salir sa réputation. Par ailleurs, des révélations du Financial Times indiquent que la Russie collabore avec l'Iran depuis 2023 pour développer des missiles de croisière hypersoniques, une coopération qui se poursuit en 2026. Ces éléments soulignent les tensions persistantes entre Pékin et Washington, malgré les efforts de médiation affichés.
L'implication de la Chine dans la médiation du conflit en Iran s'explique aussi par des intérêts économiques majeurs. La Chine est le premier acheteur du pétrole iranien et dépend fortement des importations énergétiques en provenance du Golfe, une région stratégique pour son approvisionnement. En se positionnant comme médiateur, Pékin cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en renforçant son influence régionale. Cette stratégie s'inscrit dans une politique plus large où la Chine utilise son poids économique pour étendre son soft power. Par exemple, la Chine a déjà joué un rôle clé dans la normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et l'Iran en 2023, une initiative qui avait permis de réduire les tensions dans la région. La visite d'État de Xi Jinping à Washington prévue le 24 septembre 2026 s'inscrit dans ce contexte, où les deux pays pourraient aborder directement le dossier iranien.
Malgré l'annonce de Xi Jinping, l'offre de médiation chinoise reste avant tout symbolique et collective, sans garantie concrète sur des sujets sensibles comme le programme nucléaire iranien ou les futures frappes américaines ou israéliennes. Contrairement à certaines informations relayées par des médias comme *Al Jazeera*, la Chine ne propose pas une médiation directe, mais une action collective au sein des BRICS+, un forum où les pays en conflit peuvent dialoguer. Cette approche permet à Pékin de partager le coût politique de l'initiative et de s'éloigner des canaux de médiation traditionnels, comme celui d'Islamabad piloté par le Pakistan et les États-Unis. Enfin, la déclaration chinoise du 12 septembre 2026 ne mentionne pas la guerre en Ukraine, ce qui contraste avec les priorités habituelles des BRICS et souligne l'accent mis sur le Moyen-Orient.

