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Généraliste

Comment éviter le naufrage de la biodiversité?

Le Devoir · mis à jour il y a 17 j

La conférence de l’ONU qui débute lundi aura la difficile tâche de relancer l’ambition pour la protection du vivant..

COP17 : urgence biodiversité

La COP17 est une conférence internationale organisée par l'ONU qui se tient en Arménie du 19 octobre 2026. Elle rassemble 196 pays signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), un traité international visant à protéger les écosystèmes. L'objectif est de faire le point sur les engagements pris en 2022 lors de l'accord de Kunming-Montréal, qui prévoyait 23 cibles pour 2030 afin de réduire la perte de biodiversité, limiter la pollution et restaurer les milieux naturels. Selon le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, l'humanité mène une guerre contre la nature en raison de trois crises interconnectées : le changement climatique, l'effondrement de la biodiversité et la pollution. Malgré les promesses, aucune des cibles n'est en voie d'être atteinte, comme le souligne Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la CDB, qui évoque un rythme d'action beaucoup trop lent.

Financement : déséquilibre criant

Un rapport de l'ONU révèle un déséquilibre majeur dans les financements dédiés à la biodiversité. Pour chaque dollar investi dans sa protection, 30 dollars sont consacrés à des activités qui la détruisent, comme les énergies fossiles. En 2026, les subventions publiques aux industries nuisibles atteignent 2 600 milliards de dollars par an. Le Fonds Cali, créé en 2024 pour mobiliser des fonds privés, n'a récolté que 6 000 dollars sur un objectif d'un milliard par an. Les pays en développement, souvent les plus touchés par la perte de biodiversité, peinent à obtenir les financements promis. Le contexte géopolitique actuel, marqué par des conflits et des pressions économiques, complique davantage la mobilisation des ressources nécessaires.

Canada : contradictions politiques

Le Canada, qui a signé l'accord de Kunming-Montréal, affiche des résultats insuffisants dans la protection de sa biodiversité. En 2026, seulement 15 % des milieux naturels terrestres et marins sont protégés, alors que l'objectif international est de 30 % d'ici 2030. Au Québec, les chiffres sont encore plus bas : 17 % pour les milieux terrestres et 12 % pour les milieux marins. Le gouvernement canadien est critiqué pour avoir adopté des lois, comme la Loi visant à bâtir le Canada (issue du projet de loi C-5), qui permettent de contourner la Loi sur les espèces en péril. Ces mesures accélèrent la destruction des habitats, selon Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec. Un rapport de 2025 avait déjà souligné les lacunes du Canada dans la protection des espèces menacées.

Ce que ça pourrait changer

La biodiversité est essentielle à la survie humaine, car elle fournit des services vitaux comme la production d'oxygène, la pollinisation des cultures et la régulation du climat. Selon l'OCDE, près de 60 % du PIB mondial, soit plus de 45 000 milliards de dollars, dépend des services rendus par la nature. Protéger la biodiversité, c'est préserver notre capacité à respirer, nous nourrir et nous adapter aux changements climatiques. Pourtant, les actions actuelles ressemblent à celles d'un propriétaire négligent : une maison en mauvais état, avec des moisissures, des murs qui craquent et un toit qui fuit. Pour Alain Branchaud, il n'y a pas d'alternative : protéger la biodiversité est une nécessité absolue pour assurer notre avenir.

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