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Généraliste

Craintes d’une accentuation du déclin démographique si Québec garde le cap en immigration

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

Étude en main, les gens d’affaires de la région de Montréal pressent le prochain gouvernement à changer de cap..

Déclin démographique à Montréal

La région métropolitaine de Montréal fait face à un déclin démographique qui pourrait s’aggraver si les politiques actuelles d’immigration sont maintenues. Selon une étude de la firme Aviseo Conseil, commandée par la Fédération des chambres de commerce du Grand Montréal, la population de la région pourrait perdre 142 000 habitants d’ici 2051. Ce phénomène s’explique principalement par deux facteurs : un taux de natalité très bas et une population qui vieillit rapidement. Le ratio de dépendance, qui mesure le nombre de personnes à charge (retraités, enfants) par rapport aux actifs, est actuellement de 51,7 en 2025. Il pourrait atteindre 63,2 en 2051, ce qui signifie qu’un seul travailleur devra supporter financièrement et socialement deux personnes dépendantes. Ces chiffres illustrent un déséquilibre structurel qui menace la stabilité économique et sociale de la région.

Impact sur les entreprises

Les entreprises de la région de Montréal craignent que ce déclin démographique n’aggrave leurs difficultés à recruter de la main-d’œuvre. Avec un nombre insuffisant de travailleurs disponibles, les entreprises pourraient subir des pénuries de personnel qualifié, ce qui freinerait leur croissance et leur compétitivité. Jean-Denis Charest, p.-d.g. de la Chambre de commerce de l’est de Montréal, a souligné que cette situation mettrait en péril la capacité des entreprises à innover et à répondre aux besoins du marché. Les chambres de commerce estiment que sans une augmentation significative de l’immigration, le Grand Montréal pourrait perdre son attractivité économique, ce qui aurait des répercussions sur l’emploi et les investissements dans la région.

Propositions des chambres de commerce

Pour inverser cette tendance, la Fédération des chambres de commerce du Grand Montréal propose d’augmenter le nombre d’immigrants permanents à 61 000 par année au Québec. Elle suggère également d’accueillir 375 000 immigrants temporaires sur la même période. Selon l’étude d’Aviseo Conseil, ce scénario permettrait d’augmenter la population de 2 % d’ici 2040, tout en limitant les pressions sur les infrastructures comme le logement, les services de santé ou l’éducation. La fédération insiste sur la nécessité de développer une stratégie à long terme pour mieux adapter l’immigration aux besoins des entreprises, notamment en privilégiant l’arrivée de personnes qualifiées.

Enjeux des seuils d’immigration

Les chambres de commerce critiquent les débats actuels qui se concentrent sur les seuils d’immigration à court terme, sans vision globale pour l’avenir. Elles rappellent que maintenir la population du Grand Montréal à l’horizon 2050 nécessiterait au moins 40 000 immigrants permanents par an. Sans cela, la région est condamnée à un déclin démographique. Jean-Denis Charest a expliqué que des ajustements temporaires pourraient être nécessaires, mais que la priorité doit être donnée à une planification sur plusieurs décennies. Cette approche permettrait aux entreprises et aux individus de mieux anticiper les changements démographiques et économiques.

Recommandations clés

La Fédération des chambres de commerce du Grand Montréal a formulé 13 recommandations pour répondre à cette crise démographique. Parmi elles, on trouve l’organisation d’États généraux sur l’avenir démographique du Québec, afin de rassembler tous les acteurs concernés. Elle propose aussi la création d’un cadre d’analyse pour évaluer la capacité d’accueil des immigrants, en tenant compte des ressources disponibles. Enfin, elle recommande de privilégier l’immigration de personnes qualifiées, dont les compétences correspondent aux besoins du marché du travail. Isabelle Dessureault, présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a insisté sur l’importance d’une vision stable et prévisible, afin d’éviter les changements constants de critères qui perturbent la planification des entreprises et des futurs immigrants.

Ce que ça pourrait changer

Les propositions des chambres de commerce s’inscrivent dans un contexte politique où les partis en campagne électorale ont des visions divergentes sur l’immigration. Québec solidaire propose d’augmenter le nombre d’immigrants permanents à 70 000 par an, tandis que le Parti québécois souhaite le limiter à 35 000. Jean-Denis Charest a souligné que ces débats se concentrent sur des chiffres immédiats, alors que la solution nécessite une réflexion à long terme. Il a appelé à un *pas de recul* pour éviter les décisions précipitées et favoriser une approche concertée, qui tienne compte des réalités économiques et sociales du Québec.

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