On a peut-être trouvé d'où vient l'inquiétante épidémie de diarrhée qui touche les États-Unis
Près de 7.000 personnes ont été contaminées par le parasite Cyclospora aux États-Unis. La célèbre chaîne de fast-food Taco Bell est dans le viseur des autorités, notamment à cause de sa laitue....
Une épidémie de diarrhée touche actuellement 34 États américains, avec près de 7 000 personnes infectées selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Cette maladie, causée par un parasite microscopique nommé Cyclospora, se manifeste principalement par des diarrhées aqueuses et fréquentes. L'épicentre de l'épidémie se situe dans le Michigan, où plus de 3 700 cas ont été recensés. Bien que cette infection ne soit généralement pas mortelle, elle peut entraîner une forte déshydratation et nécessite une prise en charge médicale. Le parasite Cyclospora se transmet principalement par la consommation d'eau ou d'aliments contaminés, souvent pendant les mois d'été. Les autorités sanitaires américaines mènent une enquête pour identifier la source exacte de cette contamination.
Les soupçons concernant l'origine de l'épidémie se portent sur la chaîne de restauration rapide Taco Bell, notamment dans l'État du Michigan. Plusieurs restaurants de la chaîne ont retiré temporairement certains ingrédients de leur menu, comme la laitue, la coriandre, l'oignon, le pico de gallo (une sauce mexicaine à base de tomates, oignons et coriandre) et le guacamole. Ces retraités ont été présentés comme une mesure de précaution liée à un rappel national, sans que la nature exacte de ce rappel ne soit précisée. La médecin-cheffe du Michigan, Natasha Bagdasarian, a indiqué que la laitue était une piste sérieuse, car elle revenait régulièrement dans les enquêtes menées par les autorités. Cependant, aucune preuve définitive n'a encore été établie quant à la responsabilité de Taco Bell ou d'un ingrédient spécifique.
La laitue est actuellement considérée comme l'un des aliments les plus probables à l'origine de l'épidémie. Les autorités fédérales, dont l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), mènent des investigations ciblées sur plusieurs légumes, dont la laitue. Cette piste est renforcée par le fait que les premiers éléments de l'enquête pointent vers cet aliment. Cependant, les experts soulignent la difficulté à identifier avec certitude la source de contamination. Le parasite Cyclospora est en effet très difficile à détecter dans les aliments, car il nécessite des analyses complexes et coûteuses. Steven Manderach, directeur de l'Association internationale Food and Drug Officials, compare cette recherche à la quête d'un fragment microscopique d'aiguille dans une botte de foin.
L'identification de la source de l'épidémie est rendue particulièrement complexe par plusieurs facteurs. Tout d'abord, les symptômes de l'infection par Cyclospora n'apparaissent qu'une à deux semaines après la contamination, ce qui complique grandement le travail de traçabilité. En effet, les personnes infectées peuvent avoir oublié ce qu'elles ont consommé plusieurs jours auparavant. De plus, la détection du parasite dans les aliments est un processus long et fastidieux. Il nécessite de laver de grandes quantités de légumes pour en extraire les organismes de Cyclospora, puis de réduire et analyser les eaux de rinçage obtenues. Selon Steven Manderach, il faudrait des camions entiers de laitue pour espérer détecter le parasite, une tâche quasi impossible pour les services locaux des petites villes.
L'enquête est également ralentie par des réductions budgétaires touchant les agences de santé publique américaines. Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a procédé à plusieurs coupes dans les budgets et les effectifs du ministère américain de la Santé (HHS), dans le cadre d'une politique d'économie menée par le milliardaire Elon Musk. Ces réductions ont notamment affecté le réseau de surveillance des maladies d'origine alimentaire (FoodNet), chargé de suivre plusieurs agents pathogènes comme Cyclospora, la salmonelle ou la listeria. L'an dernier, ce réseau avait déjà réduit sa surveillance à seulement deux pathogènes, limitant ainsi les capacités des autorités à identifier rapidement les sources de contamination.
Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé aux États-Unis, joue un rôle central dans la gestion de cette crise sanitaire. Il est responsable des réductions budgétaires qui ont affaibli les capacités de surveillance des maladies d'origine alimentaire. Kennedy Jr. est une figure controversée, notamment pour ses positions antivaccins et ses critiques envers les industries agroalimentaires. Son implication dans cette épidémie soulève des questions sur l'impact des choix politiques sur la santé publique. Les spécialistes de santé publique estiment que ces coupes budgétaires ont directement contribué à la difficulté d'identifier l'origine de l'épidémie de *Cyclospora*, retardant ainsi la mise en place de mesures de prévention efficaces.

