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Société

Cette immense ferme solaire au milieu du désert est envahie par les tortues... mais pourquoi au juste?

Slate FR · mis à jour il y a 15 j

Dans le désert américain des Mojaves, des tortues sont venues trouver refuge à l'ombre des panneaux d'une ferme solaire. Pour les chercheurs, ce n'est toutefois pas une preuve d'adaptation..

Une ferme solaire géante

Dans le désert des Mojaves, aux États-Unis, s’étend la ferme solaire Gemini, considérée comme le plus grand projet solaire en exploitation aux États-Unis. Mise en service en 2024, elle combine production d’électricité via des panneaux photovoltaïques et stockage d’énergie grâce à des batteries. L’entreprise Primergy, responsable du projet, affirme que cette installation peut couvrir jusqu’à 10 % de la demande électrique de l’État. Le désert des Mojaves, situé entre la Californie, l’Arizona et le Nevada, bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel avec environ 3 800 heures par an, soit 315 jours d’ensoleillement, ce qui en fait un site idéal pour ce type d’infrastructure. Cependant, son impact sur l’écosystème local, notamment sur la faune et la flore, suscite des interrogations.

Les tortues du désert

Le désert des Mojaves abrite une espèce menacée : la tortue du désert. Pour survivre aux températures extrêmes, ces reptiles recherchent des zones ombragées, rares dans cet environnement aride. Lors de la construction de la ferme solaire, les tortues ont été déplacées temporairement avant d’être réintroduites une fois le chantier terminé. Depuis, des observations montrent que certaines tortues se réfugient à l’ombre des panneaux solaires, profitant d’un répit thermique face à la chaleur intense. Environ 48 tortues cohabitent désormais avec les infrastructures, selon les chercheurs. Cette adaptation ponctuelle ne signifie pas pour autant que l’écosystème est préservé, mais elle illustre une interaction inattendue entre technologie et nature.

Impact sur la biodiversité

Les grandes fermes solaires, comme celle des Mojaves, modifient les habitats naturels et altèrent les sols ainsi que le microclimat local. Selon la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, ces projets ont un coût pour la biodiversité, bien que des effets positifs puissent aussi être observés. Par exemple, certaines plantes rares, comme l’Astragalus tricarinatus (une espèce endémique de Californie), ont survécu au chantier, ce qui est considéré comme un signe encourageant par l’institut de recherche sur le désert. Cependant, les experts soulignent que l’ombre offerte par les panneaux ne remplace pas les conditions écologiques originales. Les scientifiques restent prudents : si la ferme solaire semble créer un nouvel habitat pour les tortues, elle ne suffit pas à compenser les perturbations causées par sa construction.

Ce que ça pourrait changer

La présence de tortues sous les panneaux solaires ne doit pas être interprétée comme une preuve que la ferme s’intègre parfaitement à l’écosystème. Les chercheurs rappellent que cette cohabitation offre un répit thermique ponctuel, mais ne reproduit pas les conditions naturelles nécessaires à la survie des espèces. Le projet *Gemini* illustre ainsi l’un des paradoxes de la transition énergétique : développer des énergies renouvelables tout en limitant leur impact sur l’environnement. Les conclusions des scientifiques sont nuancées : si certains effets positifs sont observés, comme la survie de plantes rares, les risques pour la faune et la flore restent réels. La question de l’équilibre entre innovation énergétique et préservation des écosystèmes reste donc ouverte.

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