Brésil: le retour du clan Bolsonaro au pouvoir pourrait signer la fin de la forêt amazonienne
L'élection présidentielle brésilienne, qui aura lieu en octobre, est largement considérée comme un choix entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro. Si le second venait à être élu, il pourrait bien poursuivre la politique de destruction massive de la forêt menée par son père..
Le 4 octobre 2026, les Brésiliens voteront pour leur président entre deux candidats principaux : Luiz Inácio Lula da Silva, candidat à sa réélection pour la gauche, et Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, représentant l'extrême droite. Ce scrutin est présenté comme un choix crucial pour l'avenir de l'Amazonie, car les politiques environnementales des deux candidats divergent radicalement. Lula, au pouvoir entre 2023 et 2026, a renforcé les agences environnementales et réduit la déforestation, tandis que Flávio Bolsonaro, dont le père a gouverné de 2019 à 2023, est perçu comme un héritier de sa ligne politique pro-développement et climatosceptique.
Entre 2019 et 2023, sous la présidence de Jair Bolsonaro, la déforestation en Amazonie brésilienne a atteint des niveaux records. En 2021, elle a atteint 11 594 kilomètres carrés, soit une augmentation de 54 % par rapport à 2018 (7 536 km²), année précédant son arrivée au pouvoir. Cette explosion s'explique par des politiques favorisant l'accaparement des terres, l'exploitation minière illégale et le démantèlement des institutions de protection environnementale. Ces mesures ont été justifiées par une rhétorique de développement économique, au détriment de la préservation de la forêt.
L'Amazonie brésilienne, avec ses 4,2 millions de kilomètres carrés, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial. Elle absorbe d'énormes quantités de carbone, contribuant à limiter le réchauffement climatique. Selon l'écologue Philip Fearnside, de l'Institut national de recherche sur l'Amazonie (INPA), cette forêt pourrait déterminer si le changement climatique échappe ou non au contrôle humain. Sa destruction accélérée menace donc non seulement le Brésil, mais aussi la planète entière, en libérant d'importantes quantités de gaz à effet de serre.
Depuis son retour au pouvoir en 2023, Lula a inversé la tendance de la déforestation. Entre août 2024 et juillet 2025, celle-ci est retombée à 5 731 km², contre 11 594 km² en 2022. Il a renforcé les agences environnementales et mis en place des mesures de protection. Cependant, son gouvernement a aussi été critiqué pour avoir autorisé de nouvelles explorations pétrolières et des projets routiers en Amazonie, ce qui a suscité des inquiétudes parmi les défenseurs de l'environnement.
Flávio Bolsonaro, candidat à la présidentielle, a clairement affiché son climatoscepticisme et son opposition aux politiques environnementales. En tant que sénateur, il a proposé une loi menaçant la végétation indigène du Brésil. Bien qu'il promette d'atteindre un objectif de zéro déforestation illégale d'ici 2029, des experts comme Philip Fearnside estiment que cela pourrait simplement signifier légaliser la déforestation actuelle. Cette position alarme les défenseurs de l'environnement, qui craignent un retour aux politiques destructrices de son père.
L'élection présidentielle brésilienne de 2026 est perçue comme un tournant pour l'Amazonie. Claudio Angelo, coordinateur des politiques internationales à l'Observatoire du climat du Brésil, estime que « ce n'est pas idéal », mais que « c'est véritablement notre seul espoir de préserver la forêt et de maintenir en place des politiques climatiques ». Le choix entre Lula et Flávio Bolsonaro déterminera si l'Amazonie, et par extension le climat mondial, pourra être protégée ou si sa destruction s'accélérera.

