Ariana Grande : que dit de notre époque le débat sur son apparente maigreur ?
Le 31 juillet, la chanteuse américaine a sorti un nouvel album, “Petal”, assorti d’un clip qui a suscité une tempête médiatique occultant sa musique. En apparaissant particulièrement maigre, Ariana Grande a suscité un débat sur la manière de parler du corps des femmes, à l’ère des réseaux sociaux et de l’Ozempic..
Le 31 juillet 2026, la chanteuse américaine Ariana Grande a sorti un nouvel album intitulé Petal, accompagné d’un clip vidéo qui a suscité une vive polémique. Dans ce clip, elle apparaît extrêmement maigre, ce qui a déclenché un débat public. La scène montre Ariana Grande, âgée de 33 ans, passant un casting face à des hommes plus âgés qui la rejettent à plusieurs reprises. Les réseaux sociaux se sont rapidement emparés de l’image, inondés de commentaires sur son apparence physique. Ces réactions mêlaient des inquiétudes pour sa santé et des critiques sur l’influence qu’elle pourrait exercer en glorifiant une extrême minceur.
Le débat autour de l’apparence d’Ariana Grande a rapidement dépassé la simple question de sa santé pour soulever des interrogations plus larges sur la manière dont la société commente le corps des femmes, en particulier lorsqu’elles sont célèbres. La journaliste Brittney McNamara, dans Teen Vogue, souligne que ce débat reflète une impasse : le mouvement du body positivisme (apparu dans les années 2010), qui visait à lutter contre la critique des corps féminins, semble marquer le pas. Aujourd’hui, l’ère de l’Ozempic, un médicament utilisé comme coupe-faim et très populaire à Hollywood, a contribué à revaloriser la perte de poids, rendant les commentaires sur la minceur plus ambivalents.
Ariana Grande, dont la carrière repose en grande partie sur son public jeune, principalement composé de jeunes femmes, subit une pression immense liée à sa notoriété. La journaliste Monica Hesse, du Washington Post, explique que cette pression est décuplée par l’ère des réseaux sociaux, où chaque détail de sa vie est scruté. Elle se trouve ainsi piégée dans une situation où elle est à la fois critiquée pour son apparence et attendue comme un modèle par ses fans. Cette dualité illustre les injonctions contradictoires auxquelles les femmes sont soumises dans la société contemporaine.
L’Ozempic est un médicament initialement conçu pour traiter le diabète de type 2, mais qui est de plus en plus utilisé comme coupe-faim pour perdre du poids. Son usage s’est popularisé à Hollywood et parmi les célébrités, contribuant à une tendance à la minceur extrême. Pourtant, comme le note Teen Vogue, la société semble hypocrite : elle encense la perte de poids tout en critiquant celles qui l’affichent publiquement. Cette contradiction montre que les normes sociales autour du corps féminin restent floues et difficiles à concilier.
Selon The Conversation, les critiques publiques constantes sur le corps d’Ariana Grande pourraient avoir des conséquences néfastes, notamment en renforçant les troubles du comportement alimentaire. En stigmatisant certains corps, la société risque d’aggraver le mal-être des personnes concernées. Brittney McNamara, dans Teen Vogue, propose de dépasser l’individualisation des débats pour adopter une approche collective. Elle suggère de réfléchir à la manière dont la société aborde la question du corps dans un contexte où la minceur est à la fois valorisée et critiquée.
Face à l’ampleur des critiques et à la fatigue engendrée par ces commentaires incessants, Ariana Grande a annoncé qu’elle se retirerait temporairement de la vie publique après la fin de sa tournée, prévue début septembre 2026. Elle a exprimé son épuisement face à cette critique publique permanente. Cette décision illustre l’impact émotionnel et psychologique que peuvent avoir les jugements portés sur l’apparence physique, surtout lorsqu’ils sont amplifiés par les réseaux sociaux.

