Faire sortir le vote au pas de course
Dans Laurier-Dorion, la campagne se mène aussi les « running » aux pieds, une foulée à la fois..
Dans le quartier Villeray à Montréal, l’équipe de campagne du candidat solidaire Andrés Fontecilla a organisé une activité originale combinant course à pied et militantisme. Baptisée club de course solidaire, cette initiative vise à mobiliser les bénévoles tout en restant actif physiquement. Le directeur de campagne, Romain Roche, explique avoir lancé cette activité pour équilibrer son temps passé au local électoral (lieu où se coordonne une campagne politique) et intégrer une routine sportive. Le concept, testé l’été précédent, est relancé pendant la campagne électorale. Chaque semaine, une dizaine de bénévoles se retrouvent pour distribuer des tracts (documents imprimés diffusant des messages politiques), faire du porte-à-porte (technique de campagne où les militants vont directement chez les électeurs) ou placer des accroche-portes (petits panneaux accrochés aux poignées de porte pour inciter au vote).
Le samedi matin, une douzaine de coureurs bénévoles, tous habitants de la circonscription de Laurier-Dorion, se divisent en trois équipes pour couvrir un secteur précis autour du parc Jarry. Leur mission est de distribuer 88 accroche-portes aux logements afin d’encourager les électeurs à voter par anticipation (vote effectué avant le jour officiel des élections, souvent pour faciliter la participation). Romain Roche souligne l’importance de cette étape : selon lui, une campagne peut être bien menée, mais si les électeurs ne se déplacent pas pour voter, elle n’aura pas d’impact. Il insiste particulièrement sur la nécessité de mobiliser les jeunes, un groupe souvent moins enclin à voter. Les bénévoles ciblent des électeurs déjà identifiés comme potentiellement favorables à Québec solidaire (parti politique de gauche), car ils ont été contactés par téléphone ou se sont rendus au local de campagne.
Après une heure de course à pied, les trois bénévoles (Romain, Marie et Florence) ont distribué tous les accroche-portes. Leur parcours les a menés dans des rues comme Clark, Saint-Urbain ou Waverly. Marie, l’une des participantes, décrit cette activité comme une façon accessible de s’engager en politique : elle compare la démarche à une simple course, agrémentée de rencontres avec les habitants. Pour elle, l’engagement politique peut sembler intimidant, mais cette formule permet de le rendre plus léger. Le groupe retourne ensuite au local de campagne sur la rue Jarry pour récupérer de nouveaux matériaux et poursuivre leurs efforts. L’ambiance est décrite comme positive, avec un ciel ensoleillé qui ajoute à la motivation des participants.
Romain Roche explique que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large pour *faire sortir le vote*, c’est-à-dire maximiser la participation électorale. Il précise que le vote par anticipation est crucial, car il permet de réduire les risques d’abstention (le fait de ne pas voter) le jour J. Les bénévoles, en se déplaçant physiquement dans les quartiers, créent un contact direct avec les électeurs, ce qui peut renforcer leur intention de voter. Cette méthode est particulièrement utile pour toucher les électeurs indécis ou ceux qui hésitent à se rendre aux urnes. L’activité illustre une tendance actuelle où les campagnes électorales intègrent des approches innovantes pour capter l’attention et l’engagement des citoyens.

