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L’astéroïde qui a anéanti les dinosaures a aussi favorisé la vie. Sans ce cataclysme, l’apparition de l’être humain aurait peut-être été différente

Presse-Citron · mis à jour 4 juil.

Lorsque les dinosaures ont disparu, rayés de la carte par un gigantesque astéroïde, celui-ci a creusé un abri fortuit pour de nombreux micro-organismes. Un incubateur dans lequel la vie a fourmillé pendant huit millions d'années, et il n'est pas exclu que notre présence sur cette planète lui doive une fière chandelle..

Impact de l'astéroïde

Il y a 66 millions d’années, un astéroïde de 10 kilomètres de diamètre a frappé la péninsule du Yucatán, au Mexique, créant le cratère de Chicxulub. L’énergie libérée a été colossale : 75 % des espèces terrestres ont disparu, dont tous les dinosaures non-aviens. Les séismes, mégatsunamis et incendies ont ravagé la planète. Des milliards de tonnes de roche vaporisée ont été projetées dans l’atmosphère, formant des tectites (billes de verre brûlantes) qui ont surchauffé l’air. Le sous-sol riche en soufre et carbonate a libéré des poussières bloquant la lumière du Soleil pendant plusieurs années, provoquant un effondrement des réseaux trophiques. Cette extinction, appelée extinction Crétacé-Paléogène, est la cinquième de l’histoire de la Terre.

Conséquences écologiques

L’obscurité prolongée a tué les plantes et le phytoplancton, privant les herbivores de nourriture, puis les carnivores de proies. Ce cataclysme a cependant permis aux mammifères de coloniser des niches écologiques inaccessibles auparavant. Leur prolifération a ouvert la voie à l’émergence des homininés, puis des Homo sapiens. Les chercheurs soulignent que sans cet événement, l’histoire évolutive de l’humanité aurait pu être radicalement différente. L’extinction a donc eu un rôle paradoxal : destructeur à court terme, il a favorisé l’émergence de nouvelles formes de vie.

Écosystème souterrain

L’astéroïde a creusé un cratère de 200 kilomètres de large et 30 kilomètres de profondeur, avant de s’affaisser en une structure de 100 kilomètres de diamètre. L’eau de mer a pénétré les fissures du sous-sol, créant un système hydrothermal : l’eau s’échauffe au contact des roches fondues, se charge en minéraux, puis remonte, formant un cycle continu. Ce milieu a offert un refuge aux micro-organismes, qui tirent leur énergie non de la lumière (comme les plantes) mais de la chimie des roches, en consommant des éléments comme le fer ou le soufre. Protégés des radiations et des variations de température, ces organismes ont prospéré dans un environnement stable.

Durée du système hydrothermal

Une étude publiée en juin 2023 dans la revue Communications Earth & Environment révèle que le système hydrothermal de Chicxulub a duré environ 8 millions d’années, soit quatre fois plus longtemps que les estimations précédentes. Les chercheurs ont analysé des carottes prélevées en 2016, contenant des cristaux de feldspath (un minéral courant) gorgés de potassium, formés uniquement en présence de fluides brûlants. En utilisant la datation argon-argon (mesure de la désintégration du potassium en argon), ils ont déterminé que les cristaux les plus jeunes dataient d’il y a 58 millions d’années, soit 8 millions d’années après l’impact.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte suggère que des impacts similaires, comme ceux du *Hadéen* (il y a plus de 4 milliards d’années), auraient pu créer des environnements propices à l’émergence de la vie. Les micro-organismes de Chicxulub ne sont pas nos ancêtres directs, mais leur existence montre que des cataclysmes peuvent favoriser la vie en offrant protection et énergie chimique. Les auteurs de l’étude soulignent que ces résultats ne concernent pas les mammifères ou les humains, mais ouvrent des pistes sur les conditions d’apparition de la vie sur Terre. Ils invitent à reconsidérer le rôle des impacts dans l’évolution biologique.

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