Javier Milei traite Lula d’“ordure” et crée “la pire crise en cinquante ans” avec le Brésil
En visite à São Paulo pour soutenir le principal opposant à Lula en vue de l’élection présidentielle d’octobre au Brésil, le président argentin, Javier Milei, a traité son homologue d’“ordure socialiste”. En réaction, le gouvernement brésilien a rappelé son ambassadeur en Argentine, une mesure sans précédent..
Le 25 juillet 2026, le président argentin Javier Milei, figure de l’extrême droite, se rend à São Paulo au Brésil pour soutenir officiellement la campagne de Flávio Bolsonaro. Ce dernier est le fils de Jair Bolsonaro, ancien président brésilien (2019-2022), et candidat à l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2026. Milei, connu pour ses positions radicales, est déjà une personnalité controversée en Amérique latine. Sa présence dans ce contexte est perçue comme une ingérence dans les affaires intérieures du Brésil par une partie de la presse, notamment le quotidien espagnol El País América. Milei, qui s’est fait élire en 2023 sur un programme ultralibéral et anti-étatiste, est un allié politique de Jair Bolsonaro et de son mouvement, le bolsonarisme, qui regroupe les partisans de l’ex-président brésilien.
Lors de son discours à São Paulo, Javier Milei multiplie les provocations verbales contre des figures politiques brésiliennes. Il qualifie le président brésilien de gauche Lula da Silva, en fonction depuis 2023, de « le prisonnier » et d’« ordure socialiste ». Ces insultes visent à discréditer Lula, qui a été emprisonné en 2018 (avant d’être libéré en 2019) dans le cadre de l’opération Lava Jato, une enquête anticorruption controversée. Milei attaque également Alexandre de Moraes, vice-président du Tribunal suprême fédéral (STF) brésilien, qu’il qualifie d’« ordure chauve ». Cette insulte fait référence à la calvitie de Moraes, mais aussi à son rôle dans la condamnation de Jair Bolsonaro à une peine de prison à domicile pour sa participation à une tentative de coup d’État en 2022. Milei dénonce ainsi l’interdiction qui lui a été faite de rendre visite à l’ancien président Bolsonaro, actuellement assigné à résidence.
Les déclarations de Milei provoquent une crise diplomatique sans précédent entre l’Argentine et le Brésil, deux pays voisins et partenaires économiques majeurs en Amérique latine. La presse argentine, y compris les médias progressistes comme *Página 12* ou conservateurs comme *La Nación*, qualifie ces propos de *« honte »* et de *« conflit sans précédent »*. Les tensions entre les deux pays s’ajoutent à une période déjà tendue, marquée par des divergences idéologiques fortes : Milei et Bolsonaro incarnent une droite radicale, tandis que Lula et le STF représentent une gauche modérée et un pouvoir judiciaire indépendant. Cette crise survient à quelques mois de l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2026, où Flávio Bolsonaro est en lice, et pourrait influencer les relations commerciales et politiques entre les deux nations.

