Démence : l'université de Californie révèle comment protéger votre cerveau selon votre pays de résidence
On sait qu'une part de ces maladies du cerveau vieillissant tient à des causes évitables, du tabac à l'hypertension. Mais ces causes ne pèsent pas du même poids selon les pays.
Des chercheurs de l’université de Californie ont mené une étude pour comprendre comment le risque de développer une démence, comme la maladie d’Alzheimer, varie selon les pays. Cette maladie touche environ 50 millions de personnes dans le monde, avec 10 millions de nouveaux cas chaque année. Les scientifiques ont analysé des données provenant de différents pays pour identifier des facteurs protecteurs ou aggravants liés au mode de vie, à l’environnement ou aux politiques de santé publique. L’objectif était de proposer des recommandations adaptées à chaque contexte géographique.
L’étude révèle que certains facteurs de risque pour la démence sont communs à tous les pays, comme l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, le tabagisme ou encore la sédentarité. Par exemple, une pression artérielle élevée non contrôlée augmente de 30 à 50 % le risque de déclin cognitif. De même, le manque d’activité physique régulière (moins de 150 minutes par semaine) est associé à un risque accru de 30 %. Ces données soulignent l’importance de surveiller sa santé cardiovasculaire et de maintenir un mode de vie actif pour préserver son cerveau.
Les chercheurs ont observé que le pays de résidence joue un rôle clé dans le risque de démence, en raison de différences dans les systèmes de santé, les habitudes alimentaires ou les politiques publiques. Par exemple, les pays où la consommation de fruits et légumes est élevée (plus de 5 portions par jour) affichent des taux de démence inférieurs de 20 à 30 %. À l’inverse, les pays où l’exposition à la pollution de l’air est forte (particules fines supérieures à 10 µg/m³) voient leur risque augmenter de 15 à 25 %. Ces variations suggèrent que des mesures locales, comme des campagnes de sensibilisation ou des réglementations environnementales, peuvent avoir un impact significatif.
L’étude propose des conseils adaptés à chaque région. Dans les pays occidentaux, comme la France ou les États-Unis, où l’alimentation riche en graisses saturées et en sucres est courante, les chercheurs recommandent de privilégier les régimes méditerranéens ou DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), riches en légumes, poissons et céréales complètes. Dans les pays en développement, où l’accès aux soins est limité, l’accent est mis sur la prévention des maladies chroniques (diabète, hypertension) et l’éducation sanitaire. Ces stratégies visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à améliorer la santé cognitive à long terme.
Les politiques publiques, comme les taxes sur le tabac ou les subventions pour les fruits et légumes, ont un impact mesurable sur le risque de démence. Par exemple, une étude de l’OMS montre qu’une augmentation de 10 % du prix des cigarettes réduit la consommation de 4 à 8 %. De même, des programmes nationaux de dépistage de l’hypertension, comme celui mis en place au Japon, ont permis de diminuer les cas de démence de 10 % en 10 ans. Ces exemples illustrent comment des mesures gouvernementales ciblées peuvent protéger la santé cérébrale à grande échelle.
Bien que l’étude apporte des éclairages précieux, elle présente certaines limites. Les données utilisées proviennent principalement de pays à revenu élevé, où les systèmes de santé sont plus développés, ce qui peut biaiser les résultats. De plus, les facteurs culturels et socio-économiques, comme le niveau d’éducation ou l’accès à l’information, ne sont pas toujours pris en compte. Les chercheurs appellent à des études plus inclusives, incluant des pays à revenu faible ou intermédiaire, pour affiner les recommandations et mieux comprendre les mécanismes en jeu.

