Dans l'Oise, un mystérieux cimetière médiéval a été découvert en creusant un canal
Après avoir mis au jour 546 cadavres, les archéologues tentent de comprendre pourquoi cet immense cimetière médiéval a été construit à cet endroit précis..
Lors de la construction du canal Seine-Nord Europe dans l'Oise, des archéologues ont mis au jour une nécropole médiévale de 2 800 mètres carrés contenant au moins 546 tombes. Cette découverte, qualifiée d'exceptionnelle par Élodie Wermuth, archéologue de la société Éveha en charge des fouilles, dépasse largement les attentes initiales. En effet, le nombre de sépultures est particulièrement élevé pour un site rural, où l'on s'attendrait plutôt à quelques dizaines de tombes. Les médias américains, comme Popular Mechanics, ont relayé cette trouvaille, soulignant son importance. Les fouilles ont été déclenchées après qu'une étude de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) en 2024 ait confirmé la présence de squelettes dans les tranchées du futur canal.
Le cimetière médiéval découvert à Beaurains-lès-Noyon (Oise) présente une organisation typique de l'époque, entre les XIe et XIVe siècles. Les tombes sont disposées autour d'un petit bâtiment central, aujourd'hui dépouillé de ses pierres, et empilées sur jusqu'à cinq niveaux pour optimiser l'espace. Cette structure reflète une pratique courante au Moyen Âge, où les défunts étaient enterrés près des lieux de culte ou des édifices importants. La cathédrale de Noyon, construite dès le XIe siècle, suggère que cette zone avait une certaine importance à l'époque. Cependant, peu de traces d'un village contemporain ont été retrouvées, laissant planer un mystère sur l'origine exacte de ce cimetière.
Les archéologues ont formulé deux hypothèses principales pour expliquer la présence de ces 546 sépultures. La première suggère que certaines tombes pourraient appartenir à des malades de la *lèpre*, une maladie contagieuse très répandue au Moyen Âge. Cette théorie repose sur l'observation de lésions pathologiques sur certains squelettes les plus anciens. En effet, des *léproseries* (lieux d'isolement et de soins pour les lépreux) existaient à proximité, à Noyon et Bas-Beaurains. La seconde hypothèse envisage un *cimetière paroissial*, où étaient enterrés des hommes, des femmes et des enfants, probablement des familles locales. Certaines tombes profondes contenaient des individus souffrant de graves problèmes de santé, limitant leur mobilité, ce qui pourrait indiquer une prise en charge spécifique.

