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Généraliste

À la recherche du Québec : oui ou non aux éoliennes en Mauricie?

ICI Radio-Canada · mis à jour 26 sept.

L’arrivée de TES Canada en Mauricie, avec son projet d’éoliennes, divise la région. Des camps se sont formés..

Projet éolien en Mauricie

En Mauricie, le projet de la société TES Canada prévoit l'installation de 38 méga-éoliennes à moins de 5 kilomètres de la maison de Véronique Bégin, une photographe installée à Saint-Adelphe. Ces éoliennes, aussi hautes que la tour Eiffel, seraient équipées de lumières rouges clignotantes pour la sécurité aérienne, transformant la nuit noire de la campagne en un paysage constellé de repères lumineux constants. TES Canada propose des compensations financières aux propriétaires terriens : 27 000 $ par an et par éolienne pour ceux qui acceptent l'installation sur leurs terres, contre seulement 3 000 $ imposables pour les autres, quel que soit le nombre d'éoliennes proches. Le projet suscite une vive opposition, notamment en raison de l'impact visuel, sonore et environnemental, ainsi que des craintes liées à la privatisation de l'électricité au Québec.

Témoignage d'une opposante

Véronique Bégin, installée à Saint-Adelphe pour fuir le bruit et retrouver une vie proche de la nature, exprime son opposition farouche au projet. Elle dénonce l'insulte perçue lors d'une rencontre avec un représentant de TES Canada, qui a minimisé ses craintes en s'adressant à son conjoint avec une attitude condescendante. Elle craint aussi pour la nappe phréatique, le bruit des camions et des éoliennes, ainsi que la perte de la tranquillité de sa vie rurale. Son installation, avec son enfant et son conjoint, visait à échapper à l'agitation urbaine, mais le projet menace désormais son équilibre. Elle refuse les compensations financières, les qualifiant de dérisoires face aux bouleversements à venir.

Contexte économique local

La région de la Mauricie, notamment les villes de Saint-Adelphe et Shawinigan, traverse une période économique difficile. Shawinigan, autrefois prospère grâce à ses usines, peine à se relever après leur fermeture. Les habitants, souvent des retraités, vivent avec peu de ressources, et les jeunes quittent la région faute d'emplois. Le chômage et la précarité sont des réalités quotidiennes. Dans ce contexte, le projet de TES Canada, qui promet des emplois et des redevances pour les municipalités, est perçu comme une opportunité économique, malgré les controverses. Certains, comme Yvon Ayotte, expriment des réserves, craignant une privatisation de l'électricité et une exploitation des ressources naturelles par des capitaux privés étrangers.

Débat politique et historique

Le projet de TES Canada ravive des débats historiques au Québec, notamment celui de la nationalisation de l'hydroélectricité sous Jean Lesage dans les années 1960, symbolisée par le slogan Maîtres chez nous. Ce slogan, repris par le collectif Toujours maîtres chez nous, s'oppose à l'exploitation des ressources naturelles par des entreprises privées étrangères, comme c'était le cas sous Maurice Duplessis. Le projet est aussi lié à la filière québécoise de l'hydrogène vert, soutenue par le gouvernement Legault. Certains y voient une opportunité, tandis que d'autres, comme le Parti Climat Québec, dénoncent une opération économique peu avantageuse pour la communauté locale.

Soutiens et oppositions locales

Le projet divise profondément la population mauricienne. À Hérouxville, 70 % des habitants s'opposent au projet, et des affiches pro ou anti-TES Canada sont visibles dans les villages environnants. Certains élus locaux ont été élus sur la promesse de bloquer le projet. À Saint-Séverin, Emmanuel Perron, un entrepreneur en informatique, a créé un collectif pro-éolien, Vitalité économique Mékinac, pour défendre l'investissement. Il assume son soutien malgré les menaces reçues, soulignant les redevances promises aux municipalités. Le docteur Jean-Paul Lerat, son allié, insiste sur l'urgence économique pour la région. La division est telle que certaines familles se déchirent sur la question.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà des aspects économiques, le projet soulève des questions environnementales et sociales. Les opposants, comme Véronique Bégin, craignent pour la nappe phréatique et la biodiversité locale. Les éoliennes, bien que produisant de l'énergie renouvelable, modifient durablement le paysage et la qualité de vie des riverains. Les compensations financières, jugées insuffisantes par beaucoup, ne compensent pas la perte de tranquillité et de valeur des propriétés. Le débat oppose ainsi développement économique et préservation du cadre de vie, dans une région déjà fragilisée par le déclin industriel. La nuit noire, symbole de la vie rurale, pourrait disparaître au profit de lumières artificielles permanentes.

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