Les États-Unis menacent les objectifs climatiques de l’aide au développement
La Banque mondiale a renoncé en juin à fixer des critères pour le climat, sous l’influence de l’administration Trump. Deux autres grandes institutions bancaires sont sur le point de faire de même, selon le “Financial Times”.
Depuis 2026, les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, exercent une forte pression sur les grandes institutions financières internationales pour qu’elles abandonnent leurs objectifs liés au climat. Selon le Financial Times, cette influence a déjà conduit la Banque mondiale à renoncer en juin 2026 à un critère clé : consacrer 45 % de ses financements à des projets bénéfiques pour le climat. Deux autres banques de développement, la Banque interaméricaine de développement et la Banque asiatique de développement, seraient sur le point de suivre cet exemple. Donald Trump, qui qualifie le réchauffement climatique d’« arnaque », pousse ainsi les pays et les banques multilatérales à réduire leurs engagements financiers en faveur de la transition écologique.
Cette remise en cause des critères climatiques menace directement les objectifs fixés par les Nations unies pour la finance climatique. Les pays riches s’étaient engagés à mobiliser au moins 300 milliards de dollars (260 milliards d’euros) par an d’ici à 2035 pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique et à sortir des énergies fossiles. Un objectif global de 1 300 milliards de dollars (1 125 milliards d’euros) sur la même période avait également été annoncé. Sans ces financements ciblés, ces engagements deviennent difficiles à tenir, alors que les effets du réchauffement climatique, comme les sécheresses ou les inondations, s’aggravent dans les pays les plus vulnérables.
Les pays européens, confrontés à des contraintes budgétaires et politiques, pourraient aussi réduire leurs contributions. Par exemple, l’Allemagne, qui visait 6 milliards d’euros par an pour la finance climatique, aura peu de chances d’atteindre cet objectif selon Greenpeace Allemagne. Le Royaume-Uni a déjà revu ses promesses à la baisse : il prévoit désormais 6 milliards de livres sterling (7 milliards d’euros) sur trois ans, contre un objectif initial de 11,6 milliards de livres sterling (13,5 milliards d’euros) sur cinq ans. Ces reculs s’ajoutent à la pression américaine et compliquent la réalisation des engagements internationaux.
L’abandon des critères climatiques par les grandes institutions financières risque d’affaiblir la crédibilité des pays riches dans les négociations internationales. Sans mécanismes de contrôle, il sera plus difficile de garantir que les fonds alloués à l’aide au développement soient effectivement utilisés pour des projets *verts*, comme les énergies renouvelables ou l’adaptation aux changements climatiques. Cette situation pourrait freiner les efforts globaux pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, un objectif central de l’Accord de Paris. Les pays en développement, déjà touchés par les conséquences du climat, seraient les premiers pénalisés par ce manque de financement ciblé.

