Vietnam’s population hit the 100 million milestone. Where’s it headed?
The population of Vietnam reached the 100 million mark in 2023 . Fifty years ago, in 1976, when it was reunified as the Socialist Republic of Vietnam, the country had fewer than half as many inhabitants (46 million).
En 2023, le Vietnam a franchi le cap des 100 millions d'habitants, un chiffre qui contraste fortement avec les 46 millions enregistrés en 1976, année de la réunification du pays sous le nom de République socialiste du Vietnam. Un siècle plus tôt, en 1923, la population vietnamienne ne comptait que 16 millions d'habitants. Cette croissance spectaculaire s'inscrit dans un phénomène mondial appelé transition démographique, où la baisse de la mortalité, notamment infantile, entraîne une augmentation naturelle de la population. Au Vietnam, le taux de croissance annuel a atteint plus de 3 % dans les années 1950, avant de ralentir progressivement. Aujourd'hui, la population vietnamienne continue de croître, mais son rythme s'est fortement atténué en raison de la baisse de la fécondité, c'est-à-dire du nombre moyen d'enfants par femme.
En 2023, la fécondité moyenne au Vietnam s'élève à 1,9 enfant par femme, contre 6 enfants dans les années 1960 et 1970. Ce déclin s'explique par plusieurs facteurs, dont l'amélioration des conditions de vie, l'accès à l'éducation, notamment pour les femmes, et les politiques de planification familiale mises en place par l'État. Ces politiques, comme la limitation à un ou deux enfants par couple dans certaines zones urbaines ou densément peuplées, ont joué un rôle, bien que leur impact exact soit difficile à mesurer. D'autres pays asiatiques, comme la Chine, la Corée du Sud ou la Thaïlande, ont connu une baisse encore plus marquée de leur fécondité, avec des taux respectifs de 0,7, 1,0 et 1,2 enfant par femme en 2023. Cette tendance reflète une évolution sociétale plus large, où les familles choisissent d'avoir moins d'enfants en raison de contraintes économiques et sociales.
Dès les années 1960, le Vietnam a instauré des politiques visant à limiter la croissance démographique. En 1963, le gouvernement a recommandé aux familles de limiter leur descendance à trois enfants, avec un espacement de 5 à 6 ans entre chaque naissance. En 1988, cette politique est devenue plus stricte, autorisant un ou deux enfants par couple dans les zones urbaines et densément peuplées. Les minorités ethniques, vivant souvent dans des régions isolées et pauvres, bénéficiaient d'une dérogation leur permettant d'avoir jusqu'à trois enfants. Ces mesures s'inscrivaient dans une logique de transition démographique, où l'État cherche à adapter la croissance de la population aux ressources disponibles et aux capacités économiques du pays.
Face au vieillissement accéléré de sa population, le Vietnam a progressivement assoupli puis aboli en 2025 sa politique de limitation des naissances, encourageant désormais les familles à avoir deux enfants. Cette volte-face s'inscrit dans une tendance observée dans d'autres pays asiatiques, comme la Chine, qui a abandonné sa politique de l'enfant unique en 2015 avant d'instaurer en 2021 une politique de trois enfants, sans succès notable. Le vieillissement de la population vietnamienne est illustré par les pyramides des âges : en 2025, la structure démographique montre une base plus étroite et un sommet plus large, reflétant une proportion croissante de personnes âgées. Les projections indiquent que cette tendance se poursuivra, avec une population potentiellement réduite à 92 millions d'habitants d'ici 2100.
Au Vietnam, le ratio de naissances entre garçons et filles a fortement augmenté depuis les années 2000, atteignant 114 garçons pour 100 filles dans la seconde moitié des années 2010. Ce déséquilibre s'explique par une préférence culturelle pour les garçons, notamment dans le nord du pays, influencé par la culture chinoise et les traditions confucéennes. Les familles cherchent à avoir au moins un fils pour perpétuer la lignée familiale et accomplir les rites ancestraux. Cette préférence, combinée à la disponibilité des échographies et à la réduction de la taille des familles, a conduit à des avortements sélectifs. Le nord du Vietnam, et plus particulièrement le delta du fleuve Rouge, est plus touché que le sud, où les traditions sont différentes. Ce déséquilibre pourrait entraîner des difficultés pour les générations masculines futures à trouver un partenaire, et accélérer le vieillissement de la population.
Selon les projections des Nations unies, la population vietnamienne devrait atteindre un pic de 110 millions d'habitants vers le milieu du XXIe siècle avant de redescendre à 92 millions d'ici 2100. Ces projections reposent sur l'hypothèse d'une fécondité moyenne passant de 1,9 enfant par femme en 2023 à 1,7 en 2100. Cependant, le déséquilibre des naissances pourrait accélérer ce déclin. Par exemple, pour un ratio de 113 garçons pour 100 filles, chaque femme devrait avoir 2,2 enfants pour assurer le remplacement de sa génération, contre 2,1 dans un ratio normal. Le Vietnam pourrait ainsi connaître un vieillissement plus rapide de sa population, similaire à celui observé en Corée du Sud ou en Chine, où le déséquilibre des naissances est apparu plus tôt. La fécondité au Vietnam pourrait continuer à baisser, suivant l'exemple de ses voisins, où les taux sont déjà très bas.

