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Géopolitique

Un présentateur télé nouveau monarque du royaume de Toro, en Ouganda

Courrier International · mis à jour il y a 10 j

Edward Rukidi Kijanangoma a été choisi pour succéder au roi Oyo, monté à l’âge de 3 ans sur le trône et mort à 34 ans d’un cancer. Mais ce choix, rapporte le quotidien “New Vision”, est très loin de faire l’unanimité, en particulier dans l’entourage du défunt..

Nouveau roi de Toro

Le 9 septembre 2026, Edward Rukidi Kijanangoma, présentateur télé à la chaîne UBC, est devenu le 14e monarque du royaume de Toro, un petit royaume situé dans le sud-ouest de l’Ouganda, près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Il succède à Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, décédé le 27 août 2026 à l’âge de 34 ans des suites d’un cancer. Toro fait partie des cinq royaumes traditionnels ougandais, rétablis en 1993 après leur suppression à l’indépendance du pays en 1962. Ces royaumes n’ont pas de pouvoir politique officiel, mais leurs souverains jouent un rôle culturel en tant que gardiens des traditions tribales. Le choix d’Edward Rukidi Kijanangoma comme successeur a été contesté par certains membres de la famille royale.

Succession contestée

Le processus de succession a été marqué par des tensions au sein de la famille royale. Le président ougandais Yoweri Museveni a affirmé qu’Oyo, décédé célibataire, avait laissé un héritier né hors mariage. Cependant, le comité de sélection a finalement choisi Edward Rukidi Kijanangoma, un cousin du roi défunt, plutôt que cet enfant. Cette décision a provoqué des réactions vives, notamment de la part de la princesse Ruth Komuntale, sœur d’Oyo, qui affirme que son frère avait laissé un testament désignant clairement son fils comme héritier. Elle a également évoqué des instructions pour une succession alternative en cas de besoin. Le comité a donc ignoré ces revendications, préférant un membre de la lignée royale plutôt qu’un enfant né hors mariage.

Réactions familiales

La reine mère Best Kemigisa, mère du roi défunt, a exprimé son chagrin face à la situation. Dans une lettre reproduite par le quotidien New Vision, elle a critiqué le manque de respect envers la mémoire d’Oyo, décédé quelques jours plus tôt. Elle a demandé une trêve dans les tensions successorales pour permettre à la famille de pleurer et d’organiser les funérailles, prévues le 12 septembre 2026. Ces cérémonies devraient rassembler des milliers de personnes dans une ville proche de la frontière congolaise. Oyo, couronné en 1995 à l’âge de 3 ans, était très populaire auprès de ses sujets et avait attiré l’attention de dirigeants étrangers comme Nelson Mandela ou Muammar Kadhafi.

Ce que ça pourrait changer

L’Ouganda compte cinq royaumes traditionnels, dont Toro. Ces entités ont été supprimées en 1962 après l’indépendance, puis rétablies en 1993 sans pouvoir politique officiel. Leur rôle se limite aujourd’hui à la préservation de la culture et des traditions locales. Le royaume de Toro, comme les autres, est dirigé par un souverain qui incarne l’autorité culturelle et symbolique. La succession d’Oyo a mis en lumière les défis liés à la gestion des traditions dans un contexte moderne, où les questions de lignée, de légitimité et de reconnaissance officielle peuvent entrer en conflit avec les pratiques coutumières.

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