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Le Sahel, autre front ukrainien contre la Russie

Le Devoir · mis à jour il y a 27 j

Kiev soutient non officiellement les rebelles touareg qui se battent contre l’armée malienne, soutenue par Moscou..

Conflit Sahel-Ukraine

L’Ukraine et la Russie s’affrontent indirectement au Sahel, une région d’Afrique subsaharienne marquée par des déserts et des conflits armés. Kiev est accusé par les juntes militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso de soutenir le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe indépendantiste touareg. Ces juntes, proches de Moscou, rompent leurs relations diplomatiques avec l’Ukraine en 2026 et dénoncent ce soutien comme une tentative de déstabilisation. Officiellement, l’Ukraine nie toute implication, qualifiant ces accusations de désinformation russe. Pourtant, des preuves indirectes, comme des publications de Kyrylo Boudanov, ex-chef du renseignement militaire ukrainien devenu chef de cabinet du président Zelensky, suggèrent une présence ukrainienne dans la région. Ces tensions s’inscrivent dans une stratégie plus large où l’Ukraine cherche à contrer l’influence russe en Afrique.

Rôles des acteurs clés

Les juntes militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso, arrivées au pouvoir par des coups d’État, ont rompu avec la France et se sont rapprochées de la Russie. Elles sont soutenues par l’Africa Corps, un groupe paramilitaire russe chargé de fournir une aide militaire et logistique. Ces juntes accusent l’Ukraine de soutenir le FLA, un groupe armé indépendantiste touareg, ainsi que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une branche sahélienne d’Al-Qaïda. Kyrylo Boudanov, figure centrale du renseignement ukrainien, a publiquement évoqué la présence d’agents ukrainiens au Sahel, partageant des photos de collaborateurs présumés avec des rebelles. L’Ukraine dément officiellement, mais des témoignages et des analyses, comme celles du think tank américain Carnegie Endowment for International Peace, confirment des échanges entre Kiev et les groupes armés.

Preuves et démentis

En septembre 2026, des responsables ukrainiens, dont Andriï Ioussov, ont sous-entendu que l’Ukraine fournissait des informations aux rebelles pour des attaques contre des mercenaires russes et des soldats maliens à Tinzaouatène (nord-est du Mali) en juillet 2024, tuant des dizaines de personnes. Des sources diplomatiques et des médias comme la CNN rapportent la présence d’opérateurs de drone ukrainiens au Sahel, qui forment et soutiennent le FLA sans participer directement aux combats. Le FLA, de son côté, dément tout soutien logistique ou partage de renseignements avec l’Ukraine, bien qu’il admette avoir reçu une formation sur les drones en 2023, incluant des sessions en Ukraine. Les photos partagées par Boudanov seraient datées de cette période ou prises dans un autre pays. La Mauritanie, frontalière du Mali, est identifiée comme une base arrière pour les chefs du FLA, où l’Ukraine a ouvert une ambassade en 2024.

Stratégie ukrainienne en Afrique

Depuis 2023, l’Ukraine cherche à étendre son influence en Afrique, une région où la Russie est historiquement bien implantée. En mars 2026, la présidence ukrainienne a élaboré une stratégie pour renforcer sa présence sur le continent, et en août 2026, le président Volodymyr Zelensky a demandé à ses ambassadeurs d’accorder une attention particulière au Sahel. Cette région, riche en ressources naturelles et stratégique géopolitiquement, est devenue un terrain d’affrontement indirect entre Kiev et Moscou. L’Ukraine a ouvert plusieurs ambassades en Afrique pour contrer l’influence russe, mais cette expansion suscite des tensions avec les juntes locales, qui accusent Kiev de déstabilisation. La Mauritanie, bien que réticente, est contrainte de composer avec cette présence ukrainienne sur son territoire.

Ce que ça pourrait changer

Les juntes du Sahel, soutenues par l’*Africa Corps* russe, accusent l’Ukraine de collaborer avec des groupes armés comme le FLA et le JNIM, qui mêlent indépendantisme et islamisme radical. Ces accusations visent à discréditer Kiev et à justifier le rapprochement avec Moscou. Le FLA, allié aux jihadistes, utilise de plus en plus des drones bon marché pour des frappes, une tactique inspirée de la guerre en Ukraine. Les autorités mauritaniennes, déjà en tension avec le Mali et la Russie, sont embarrassées par la présence ukrainienne sur leur sol, notamment à la frontière avec le Mali. Les échanges entre l’Ukraine et les groupes armés se concentrent dans le nord du Mali, près de la Mauritanie, où des drones ukrainiens seraient utilisés par le FLA. Ces dynamiques illustrent la complexité des conflits au Sahel, où les alliances et les ennemis se redéfinissent constamment.

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