L’IA va-t-elle détruire Hollywood ? La réponse de la légende Katzenberg qui a relancé Disney et Pixar
Ce mercredi 23 septembre 2026, l'ancien patron des studios Disney et cofondateur de DreamWorks a publié un long essai sur X. Jeffrey Katzenberg y demande à Hollywood d'accepter l'IA générative et d'en négocier les conditions, et rappelle à la Silicon Valley qu'elle a besoin des créateurs..
Jeffrey Katzenberg, figure emblématique d'Hollywood ayant dirigé les studios Disney et cofondé DreamWorks, publie en septembre 2026 un essai sur la plateforme X. Il y appelle Hollywood à accepter l'IA générative plutôt qu'à la combattre, tout en soulignant que cette technologie ne peut remplacer la créativité humaine. Katzenberg, âgé de 75 ans, est installé en Californie du Nord où il gère son fonds d'investissement WndrCo, qui sert de pont entre la Silicon Valley et Hollywood. Il y investit dans des startups spécialisées dans l'IA vidéo, comme Reactor, ayant participé à une levée de fonds de 59 millions de dollars (environ 50 millions d'euros) en 2026.
Katzenberg distingue clairement les capacités de l'IA de celles des créateurs humains. L'IA excelle dans l'analyse de données, l'imitation de motifs statistiques et l'optimisation, mais elle ne possède ni empathie, ni intuition, ni sens artistique. Selon lui, une machine ne peut pas raconter une histoire avec âme ou transmettre des émotions, car elle se limite à générer des suites de données (0 et 1). Il compare l'IA à une calculatrice sous stéroïdes, soulignant que sans le talent des artistes, ses productions restent vides de sens. Il cite l'exemple de Steve Jobs, selon qui la technologie seule n'a pas de valeur sans les arts libéraux.
Katzenberg rappelle que la peur des nouvelles technologies n'est pas nouvelle. En 1906, le compositeur John Philip Sousa craignait que le phonographe ne tue la musique humaine. Dans les années 1920, l'arrivée du cinéma parlant a supprimé des milliers d'emplois pour les musiciens jouant en direct dans les salles. Pourtant, ces innovations ont finalement donné naissance à de nouveaux genres artistiques, comme les comédies musicales ou le sound design moderne. Il fait le parallèle avec le passage du dessin animé traditionnel à l'animation 3D (ex. : Toy Story de Pixar), où les outils changent mais les artistes s'adaptent et étendent leur champ de création.
Katzenberg propose une approche pragmatique face à l'IA générative. Plutôt que de chercher à l'interdire, il recommande de négocier des règles claires pour son utilisation. Pour Hollywood, cela signifie accepter l'IA comme un outil pour réduire les coûts de production, tout en défendant les droits des artistes. Pour la Silicon Valley, cela implique de ne plus utiliser gratuitement les œuvres humaines pour entraîner les algorithmes. Katzenberg insiste sur la nécessité de consentement, de crédit et de rémunération pour les créateurs dont les travaux servent à nourrir les IA. La bataille doit porter sur les termes financiers, pas sur l'interdiction pure et simple.
Katzenberg ne se contente pas de donner des conseils : il mise concrètement sur l'IA générative. Son fonds WndrCo a investi dans Reactor, une startup spécialisée dans la génération de vidéos par IA en temps réel. Il a également discuté avec l'ancien responsable de *Sora* (outil vidéo d'OpenAI) pour créer une nouvelle entreprise dans ce domaine. Ces investissements reflètent sa conviction que l'IA va transformer le cinéma, réduire les coûts pour les indépendants et bouleverser les studios traditionnels. Il cite Steve Jobs pour rappeler que la technologie doit être associée aux arts pour avoir une réelle valeur.

