Mark Carney en Europe : « pas membre associé, mais partenaires fiables »
Mark Carney continue de faire les yeux doux à l’Europe, tout en envoyant un avertissement à Donald Trump..
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, se rend en Europe du 15 au 17 septembre 2026 pour y promouvoir une nouvelle alliance avec l’Union européenne (UE). Son objectif est de renforcer la coopération économique, numérique et militaire entre les deux partenaires. Lors d’un discours devant le Parlement européen, il présentera cette vision d’un partenariat plus étroit, qualifié de partenaires fiables plutôt que de membre associé de l’UE. Une source gouvernementale canadienne précise que cette alliance ne vise pas à intégrer le Canada comme un État européen supplémentaire, mais à diversifier ses partenariats sans limiter sa souveraineté. Ottawa souhaite accélérer les négociations avec des rencontres régulières, mensuelles ou trimestrielles, pour traiter des dossiers stratégiques rapidement.
L’Union européenne et le Canada cherchent à établir un partenariat économique plus officiel et intégré. L’ambassadrice de l’UE à Ottawa, Geneviève Tuts, évoque une relation plus étroite qui réduirait les dépendances mutuelles, notamment vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. L’Europe souhaite notamment accéder aux ressources naturelles canadiennes, comme les minéraux critiques, et réduire sa dépendance au gaz russe. Le Canada, de son côté, pourrait bénéficier d’un accès privilégié à un marché de 450 millions de consommateurs européens. Les modalités exactes de ce partenariat restent à définir, mais il sera décidé conjointement par les 27 États membres de l’UE et le Canada. Ce projet sera discuté lors du Sommet Canada-Europe, prévu les 29 et 30 octobre 2026 à Montréal.
Un enjeu majeur de cette alliance est la sécurisation des communications transatlantiques entre le Canada et l’Europe. Actuellement, quatre des cinq liaisons sous-marines reliant ces deux continents sont contrôlées par des entreprises américaines, comme Alphabet (maison mère de Google) ou EXA Infrastructure. La cinquième liaison est gérée par une entreprise groenlandaise, Tusass. Cette dépendance pose un risque de sécurité économique, car les États-Unis pourraient théoriquement bloquer ces communications. Pour y remédier, le Canada et l’UE envisagent de construire une nouvelle liaison sous-marine par fibre optique, estimée à 200 millions de dollars, sans compter les coûts des infrastructures terrestres de chaque côté de l’Atlantique.
La visite de Mark Carney en Europe envoie un message clair aux États-Unis : le Canada ne compte pas se soumettre aux pressions ou aux politiques protectionnistes américaines, comme celles menées sous l’administration de Donald Trump. Patrick Leblond, professeur à l’Université d’Ottawa, souligne que cette démarche vise à montrer que le Canada peut diversifier ses alliances. Mark Carney sera l’invité d’honneur lors du discours sur l’état de l’Union européenne et prononcera un discours devant le Parlement européen. Il rencontrera également le nouveau premier ministre britannique, Andy Burnham, pour renforcer les liens transatlantiques. Stéphane Dion, ancien ambassadeur canadien, met en garde contre une approche temporaire motivée uniquement par les tensions actuelles avec les États-Unis, insistant sur la nécessité de construire une relation durable.
En parallèle des négociations, l’Union européenne annonce l’ouverture d’un bureau satellite à Ottawa. Cette initiative symbolise l’importance croissante de la relation entre l’UE et le Canada. Le bureau facilitera les échanges et la coordination entre les deux partenaires, sans pour autant créer une alliance contractuelle contraignante. L’ambassadrice de l’UE à Ottawa, Geneviève Tuts, précise que ce partenariat sera conçu pour être flexible et adapté aux besoins des deux parties. Cette structure permettra de renforcer la coopération existante et d’explorer de nouveaux domaines de collaboration, comme la défense ou les technologies numériques.

