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Pour la première fois depuis 2009, deux espèces d'oiseaux rejoignent la liste des oiseaux protégés en France

Science & Vie · mis à jour il y a 10 j

Dans les massifs français, deux oiseaux de montagne parmi les plus fragiles restaient, en théorie, du gibier légal. Leur population continue pourtant de fondre.

Deux espèces protégées

Pour la première fois depuis 2009, la France ajoute deux nouvelles espèces d'oiseaux à sa liste des oiseaux protégés. Cette liste, mise à jour régulièrement par les autorités, recense les espèces menacées ou en déclin dont la chasse ou la destruction de leur habitat est strictement encadrée. Les deux espèces concernées sont le Cochevis de Thékla (Galerida theklae) et le Pipit rousseline (Anthus campestris). Leur protection vise à éviter leur disparition locale, en limitant les activités humaines pouvant nuire à leurs populations. En France, cette liste est élaborée sous l'égide du Ministère de la Transition écologique, en collaboration avec des associations de protection de la nature comme la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Ces deux oiseaux, bien que présents en France, voient leurs effectifs diminuer en raison de l'intensification agricole et de l'urbanisation.

Protection depuis 2009

La dernière mise à jour de la liste des oiseaux protégés en France datait de 2009. Depuis cette date, aucune nouvelle espèce n'avait été ajoutée à cette liste, malgré le déclin continu de certaines populations d'oiseaux. Ce délai s'explique par la complexité des procédures administratives et scientifiques nécessaires pour évaluer le statut de conservation d'une espèce. Les critères incluent notamment le nombre d'individus, la taille de leur aire de répartition et les menaces pesant sur leur survie. En France, la protection des oiseaux repose sur le Code de l'environnement, qui interdit leur chasse, leur capture ou la destruction de leurs nids et habitats pendant la période de reproduction. Cette réglementation s'applique à toutes les espèces listées, qu'elles soient sédentaires ou migratrices.

Menaces sur les oiseaux

Les deux nouvelles espèces protégées, le Cochevis de Thékla et le Pipit rousseline, sont particulièrement vulnérables en raison de la dégradation de leurs habitats naturels. Le Cochevis de Thékla, un oiseau des milieux ouverts comme les steppes et les landes, voit ses habitats se réduire à cause de l'agriculture intensive et de l'abandon des pratiques pastorales traditionnelles. Le Pipit rousseline, quant à lui, fréquente les prairies sèches et les zones agricoles peu intensives, des milieux également menacés par la modernisation des pratiques agricoles. Selon les estimations, la population de Pipit rousseline en France aurait diminué de plus de 30 % depuis les années 1990, tandis que celle du Cochevis de Thékla reculerait de 20 % sur la même période. Ces déclins sont observés dans toute l'Europe, où ces espèces sont classées comme quasi menacées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Conséquences légales

L'ajout de ces deux espèces à la liste des oiseaux protégés entraîne des conséquences légales immédiates pour les activités humaines pouvant impacter leurs habitats. Toute destruction ou dégradation de leurs sites de nidification ou d'alimentation est désormais interdite sans autorisation préalable. Les préfets, en collaboration avec les services de l'État, peuvent délivrer des dérogations pour des projets d'aménagement, mais celles-ci sont soumises à des conditions strictes visant à limiter l'impact sur les populations d'oiseaux. Par exemple, des mesures compensatoires peuvent être imposées, comme la création de nouveaux habitats ou la restauration de zones dégradées. Ces règles s'appliquent sur l'ensemble du territoire français, y compris en Outre-mer, où des espèces similaires pourraient également bénéficier de protections renforcées à l'avenir.

Ce que ça pourrait changer

Les associations de protection de la nature, comme la *Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)* ou *BirdLife International*, jouent un rôle clé dans l'identification des espèces menacées et la sensibilisation du public et des décideurs. Ces organisations réalisent des suivis scientifiques des populations d'oiseaux, publient des rapports sur leur état de conservation et alertent les autorités en cas de menace. Leur travail permet d'alimenter les décisions politiques, comme la mise à jour de la liste des oiseaux protégés. En France, la LPO est notamment impliquée dans des programmes de conservation ciblant des espèces emblématiques, comme le Vautour moine ou l'Outarde canepetière. Ces associations collaborent également avec des scientifiques et des institutions européennes pour harmoniser les mesures de protection à l'échelle du continent.

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