Le 17 octobre, la France “a signé la mort du macronisme”
En 2017, Emmanuel Macron s’était fait élire sur un projet politique nouveau, en promettant d’écouter la jeunesse et de contenir l’essor des extrêmes. Il avait tout pour y parvenir, estime le correspondant d’“El País” en France.
En 2017, Emmanuel Macron, alors âgé de 39 ans, est élu président de la République française avec un projet politique présenté comme nouveau et ambitieux. Il promet notamment d’écouter la jeunesse et de contenir la montée des partis politiques extrêmes en France. Ce projet, appelé macronisme, repose sur l’idée d’un centre idéologique radical, c’est-à-dire une politique visant à éviter les excès des extrêmes (gauche radicale ou droite radicale) tout en modernisant le pays. À cette époque, Macron bénéficie d’un contexte favorable : il incarne une alternative aux partis traditionnels et séduit une partie de l’électorat jeune et urbain.
Neuf ans après son élection, le bilan du macronisme est jugé négatif par le correspondant du journal espagnol El País en France. Le projet politique porté par Macron a échoué à atteindre ses objectifs principaux. Les services publics, comme les hôpitaux ou les écoles, ont été affaiblis, et la dette publique de la France a fortement augmenté, passant de 99 % à 119 % du PIB (Produit Intérieur Brut, indicateur qui mesure la richesse produite par un pays). Cette dégradation économique et sociale a alimenté un mécontentement croissant dans la population, notamment parmi les jeunes et les classes populaires.
Le 17 octobre 2026, la France est secouée par d’importantes manifestations, marquées par des violences : incendies, pillages de commerces, saccages de mairies et de commissariats. Ces événements sont interprétés comme un rejet massif du macronisme et une expression de colère face à la situation économique et sociale du pays. Les manifestants, motivés par la peur de l’avenir et la précarité (difficulté à joindre les deux bouts), expriment aussi des inquiétudes plus larges, comme les craintes liées au changement climatique ou à la mondialisation.
Les violences du 17 octobre 2026 ont accéléré la montée en puissance des partis politiques extrêmes en France. Selon l’article, ces partis, comme La France insoumise (LFI, extrême gauche) et le Rassemblement national (RN, extrême droite), dominent désormais le débat public et sont les deux formations politiques les mieux placées pour accéder au second tour de l’élection présidentielle prévue au printemps 2027. Leur succès reflète un rejet des politiques traditionnelles et une radicalisation d’une partie de l’électorat, effrayé par les transformations économiques et sociales.
La presse étrangère, notamment espagnole, suit avec attention la crise française. Le correspondant d’El País souligne que la France, qui était autrefois perçue comme un modèle de stabilité en Europe, est désormais associée à des scènes de chaos et de violence. Cette image de fragilité politique et sociale préoccupe les observateurs internationaux, qui s’interrogent sur l’avenir de la France et de ses institutions. Certains médias étrangers, comme ceux du Royaume-Uni ou de Russie, analysent cette situation comme un signe de faiblesse de l’exécutif français, incarné par Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, qui a quitté le pouvoir en 2026 après neuf ans de présidence, laisse derrière lui un pays profondément divisé. Son départ marque la fin d’une ère politique, celle du *macronisme*, qui avait pour ambition de dépasser le clivage gauche-droite. Cependant, les résultats obtenus n’ont pas permis de stabiliser la situation sociale ou économique. Les prochaines élections présidentielles s’annoncent donc comme un moment clé pour la France, avec une forte probabilité de voir s’affronter les extrêmes au second tour.

