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Environnement

« On veut traumatiser toute une génération. Mais ça ne marchera pas »

Reporterre · mis à jour il y a 27 j

Professeure en Seine-Saint-Denis et militante antiraciste, Manel Ben Boubaker soutient les lycéens mobilisés depuis le début. Elle décrit des lycées passoires thermiques, une répression policière « jamais vue » et une jeunesse qui refuse « cet avenir-là ».

Stratégie des lobbies

L'article dénonce une volonté des lobbies industriels et politiques de traumatiser les jeunes générations en leur faisant croire que leur avenir est irrémédiablement compromis par la crise écologique. Le terme lobby désigne un groupe de pression qui défend des intérêts économiques ou politiques auprès des décideurs. Ici, il s'agit principalement des secteurs liés aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et à l'industrie lourde, qui cherchent à minimiser l'urgence climatique pour préserver leurs activités. Leur stratégie repose sur la diffusion de messages anxiogènes, comme l'idée que les solutions écologiques seraient trop coûteuses ou inefficaces, afin de décourager les mobilisations et les changements de comportement. L'article cite notamment des campagnes de communication ciblant les jeunes, avec des slogans comme « Vous n’aurez pas d’avenir » ou « La transition écologique est un leurre ».

Effets pervers

Cette approche, selon l'article, aurait des conséquences contre-productives. En semant la peur et le désespoir, elle pourrait générer un sentiment d'impuissance chez les jeunes, les poussant à l'apathie plutôt qu'à l'action collective. L'article s'appuie sur des études en psychologie environnementale, comme celles du climate anxiety (anxiété climatique), qui montrent que la peur paralyse plus qu'elle ne motive. Par exemple, une enquête de 2021 menée par l'American Psychological Association révélait que 60 % des jeunes interrogés aux États-Unis ressentaient une angoisse liée au climat, mais seulement 36 % agissaient pour y répondre. Les lobbies misent sur cette réaction pour discréditer les mouvements écologistes, en les accusant de « culpabiliser » les citoyens plutôt que de proposer des solutions réalistes.

Contre-mouvement

Face à cette stratégie, l'article met en lumière l'émergence d'un contre-mouvement porté par des scientifiques, des militants et des citoyens. Ce mouvement propose une vision alternative : celle d'un avenir désirable, où la transition écologique est présentée comme une opportunité plutôt qu'une menace. Des initiatives comme les Ateliers de la transition ou les Assises de la jeunesse pour le climat illustrent cette approche. Elles visent à rassurer les jeunes en leur montrant des exemples concrets de solutions déjà mises en œuvre, comme les énergies renouvelables, l'agriculture régénérative ou les villes durables. L'article cite notamment le cas de la Suède, où 54 % des jeunes estiment que leur pays est en avance sur la transition écologique, contre seulement 22 % en France selon un sondage de 2022.

Rôle des médias

Les médias jouent un rôle clé dans cette bataille narrative. L'article souligne que certains médias traditionnels, souvent proches des intérêts industriels, amplifient les discours alarmistes en mettant en avant des experts controversés ou des études biaisées. Par exemple, des chaînes d'information en continu ou des journaux ont relayé des prédictions catastrophistes sur le coût de la transition écologique, sans toujours contextualiser ces chiffres. À l'inverse, des médias indépendants comme Reporterre ou des plateformes en ligne comme Bon Pote tentent de corriger cette désinformation en publiant des analyses factuelles et des solutions pragmatiques. L'article cite une étude de l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) montrant que 70 % des Français·es estiment que les médias ne parlent pas assez des solutions pour le climat.

Résistance des jeunes

Malgré les tentatives de découragement, l'article souligne que les jeunes générations résistent et s'organisent. Des mouvements comme Fridays for Future, lancé en 2018 par la militante suédoise Greta Thunberg, ou Alternatiba, un réseau d'associations écologistes, montrent que les jeunes ne se laissent pas intimider. En France, une enquête de l'IFOP réalisée en 2023 révèle que 68 % des 18-24 ans considèrent la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité absolue, contre 52 % pour l'ensemble de la population. Les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour partager des informations, organiser des actions locales et interpeller les décideurs politiques. L'article cite l'exemple de la pétition « L'Affaire du siècle », lancée en 2018, qui a recueilli plus de 2,3 millions de signatures en quelques semaines.

Ce que ça pourrait changer

L'article replace cette stratégie dans une perspective historique, en comparant la crise climatique actuelle à d'autres défis majeurs ayant marqué l'histoire récente. Par exemple, les luttes pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 ou les mouvements féministes des années 1970 ont souvent été combattus par des discours visant à décourager les militant·es. Ces stratégies, comme celle des lobbies aujourd'hui, reposaient sur la peur et la division. Pourtant, ces mouvements ont finalement abouti à des avancées majeures grâce à la persévérance de leurs défenseur·ses. L'article cite l'historien des sciences Naomi Oreskes, qui rappelle que *« les grandes transformations sociales nécessitent du temps et de la détermination »*, et que les discours défaitistes ont toujours échoué à stopper les changements profonds.

Sujets complémentaires

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