Les nouveaux droits de douane américains suscitent une vague de critiques
Le président Trump vient d'imposer des droits de douane à 60 économies, en invoquant le travail forcé..
Les États-Unis ont instauré de nouveaux droits de douane de 10 % ou 12,5 % sur les importations en provenance d’environ 60 pays, dont le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Chine. Ces tarifs sont entrés en vigueur le 24 juillet 2026, à la fin d’une période temporaire de 10 % mise en place en février 2026. Ces mesures remplacent des droits de douane réciproques qui avaient été annulés par la Cour suprême des États-Unis. L’administration américaine justifie ces nouveaux tarifs par le manque de mesures prises par ces pays pour empêcher l’importation de produits fabriqués grâce au travail forcé, une pratique interdite par le droit international. Les droits de douane sont des taxes appliquées sur les marchandises importées pour protéger les industries locales ou influencer les pratiques commerciales d’un pays.
Plusieurs pays ont vivement critiqué ces nouveaux droits de douane. L’Australie, dont les tarifs sont passés de 10 % à 12,5 %, a qualifié ces mesures d’injustifiées, soulignant que son pays lutte activement contre l’esclavage moderne. La Nouvelle-Zélande a également dénoncé des droits de douane dpréjudiciables au commerce, estimant qu’ils augmentent les coûts pour les entreprises et créent de l’incertitude. Le Japon a exprimé son regret, affirmant que ses entreprises respectent les règles internationales. La Chine a quant à elle condamné les droits de douane unilatéraux, une mesure prise sans concertation avec les partenaires commerciaux. Ces réactions illustrent les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et ses alliés.
Contrairement à d’autres partenaires, l’Union européenne (UE) a accueilli favorablement ces nouveaux droits de douane, qui s’élèvent à 10 % pour ses produits. L’UE craignait des représailles américaines après avoir infligé une amende de 890 millions d’euros (soit 1,4 milliard de dollars canadiens) à Google pour des atteintes à la concurrence en juillet 2026. Les nouveaux tarifs américains, conformes à un accord commercial conclu en juillet 2025 entre Bruxelles et Washington, fixent un plafond de 15 % pour les droits de douane. L’UE se félicite notamment de l’exonération de taxes sur certains produits comme le liège, les diamants, les avions et les médicaments génériques, ce qui facilite les échanges commerciaux.
Les États-Unis ont justifié leurs nouveaux droits de douane par une enquête sur l’incapacité de certains pays à interdire l’importation de biens produits grâce au travail forcé. Le secrétaire américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé que ces mesures visaient à renforcer la lutte contre cette pratique illégale. Cependant, cette justification a été contestée par l’UE. La responsable de la politique étrangère européenne, Kaja Kallas, a souligné que les travailleurs européens bénéficient de meilleures conditions que ceux des États-Unis, avec des congés payés et de bonnes protections sociales, rendant cette mesure peu fondée. Le Canada, bien que partageant l’objectif américain, a rappelé disposer de l’un des régimes les plus stricts au monde pour lutter contre le travail forcé.
Le Canada, également touché par ces nouveaux droits de douane de 12,5 %, a réagi avec prudence. Le ministre canadien du Commerce, *Dominic LeBlanc*, a confirmé que le pays partageait l’objectif américain de lutte contre le travail forcé, précisant que le Canada dispose de *mesures législatives solides* pour prévenir cette pratique. Le premier ministre canadien, *Mark Carney*, a indiqué que le Canada allait *intensifier les négociations* avec les États-Unis, tout en évitant des représailles *précipitée*s, jugées *contre-productives*. Cette position reflète la volonté de maintenir une relation commerciale stable malgré les tensions.

