En Tunisie, une rentrée sous pénurie : “certains produits disparaissent tout simplement”
Les Tunisiens, qui ont vécu un été caniculaire particulièrement éprouvant, font leur rentrée entre pénurie d’eau, délestages électriques et prix qui grimpent alors que certains produits viennent à manquer. Autant de signes révélateurs d’une économie en crise, estime “Al-Araby Al-Jadid”, sur fond de climat politique tendu..
En septembre 2026, la Tunisie traverse une crise économique marquée par des pénuries récurrentes de produits de première nécessité dans les supermarchés. Les rayons se vident progressivement, et certains articles disparaissent totalement des étals, comme l’eau minérale, le sucre, les légumes, le poulet ou les œufs. Cette situation touche particulièrement les familles tunisiennes, dont le pouvoir d’achat est en forte baisse. Montassar Riahi, un père de famille de 45 ans, illustre cette précarité en décrivant comment il doit multiplier les magasins pour trouver des produits essentiels, certains devenant presque un luxe. La crise s’aggrave alors que l’été 2026 a été marqué par des températures caniculaires, aggravant les difficultés quotidiennes des Tunisiens.
Les pénuries en Tunisie ne se limitent pas à une hausse des prix, mais concernent aussi la disponibilité des produits. Les marchés tunisiens subissent des ruptures d’approvisionnement répétées, rendant l’accès aux biens essentiels aléatoire. Parallèlement, le pouvoir d’achat des Tunisiens se dégrade, malgré une augmentation des salaires de 5 % décidée en mai 2026 par les autorités. Cette mesure a concerné plus de 2,5 millions de salariés, tant dans le secteur public que privé. Cependant, cette hausse salariale ne compense pas l’inflation et les difficultés d’approvisionnement, ce qui maintient une pression constante sur le budget des ménages. Les Tunisiens doivent ainsi composer avec des rayons vides et des prix en hausse, une combinaison qui aggrave leur situation économique.
La crise économique en Tunisie s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, le pays est marqué par des tensions sociales et politiques, avec des manifestations régulières contre le président Kaïs Saïed. Ces protestations reflètent un mécontentement croissant face à la dégradation des conditions de vie et à la gestion de l’économie par les autorités. Les pénuries et la hausse des prix alimentent ce climat de frustration, alors que les Tunisiens peinent à subvenir à leurs besoins quotidiens. Le pays fait face à une crise multidimensionnelle, où les difficultés économiques et politiques se renforcent mutuellement.
En plus des pénuries et de la hausse des prix, la Tunisie subit des délestages électriques et une canicule particulièrement intense durant l’été 2026. Ces délestages, qui correspondent à des coupures programmées de l’électricité, perturbent la vie quotidienne et aggravent les difficultés économiques. La canicule, quant à elle, a rendu les conditions de vie encore plus éprouvantes, notamment pour les populations les plus vulnérables. Ces deux facteurs, combinés aux pénuries et à l’inflation, créent une situation de crise sans précédent pour de nombreux Tunisiens, qui doivent faire face à des défis multiples dans leur vie quotidienne.
L’article original, publié par le média *Al-Araby Al-Jadid* le 16 septembre 2026, analyse la situation en Tunisie comme le signe d’une économie en crise profonde. Fondé en 2014 à Londres et financé par le Qatar, ce média propose une vision critique de la situation politique et économique en Tunisie. Il souligne que les pénuries et la hausse des prix ne sont pas des phénomènes isolés, mais des symptômes d’un système économique en difficulté. Le média met en lumière les difficultés rencontrées par les Tunisiens, qui doivent composer avec des rayons vides, des prix en hausse et un pouvoir d’achat en baisse, dans un contexte où les solutions politiques et économiques tardent à se concrétiser.

