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La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition

Le Devoir · mis à jour 3 oct.

L’Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens face aux attaques répétées de drones russes..

Russie menace Kiev

Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé une nouvelle fois, le 3 octobre 2026, les diplomates et étrangers présents à Kiev à quitter la capitale ukrainienne. Dans un communiqué, Moscou justifie cette demande en prévenant que ses forces armées poursuivront des frappes de représailles massives contre des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes. Le ministère précise que ceux qui ignoreraient cet avertissement assumeront l'entière responsabilité des conséquences. Ce type d'appel avait déjà été lancé en mai 2026, mais les chancelleries occidentales et une cinquantaine d'États avaient alors dénoncé ces messages à l'ONU, les qualifiant de menaces contre les diplomates. Les frappes russes ciblent désormais des infrastructures civiles et militaires, intensifiant la pression sur la ville.

Ponts de Kiev visés

Depuis plusieurs semaines, Kiev subit des attaques quasi quotidiennes de drones russes, dont des drones à réaction plus difficiles à intercepter. Le 3 octobre 2026, le pont Nord, l'une des huit structures enjambant le fleuve Dniepr, a été endommagé par des bombardements, coupant la circulation dans un sens. Jeudi et vendredi, c'était le pont Sud qui avait été touché à plusieurs reprises, provoquant des embouteillages monstres dans cette ville de 3 millions d'habitants. Ces attaques contre des ponts majeurs de Kiev sont les premières depuis le début de l'invasion russe en 2022. Le maire de la ville, Vitaly Klitschko, a qualifié la situation d'extrêmement dramatique, accusant Moscou de saccager la ville en visant systématiquement ses infrastructures et sa logistique. Les dégâts incluent des routes et des câbles de trolleybus endommagés.

Escalade des frappes

L'Ukraine et la Russie ont intensifié leurs frappes à longue portée ces derniers mois, causant un nombre croissant de victimes civiles. À Kiev, cela se traduit par des sirènes d'alerte aérienne quasi continues. Outre les ponts, Moscou cible des stations-service, des centres commerciaux, des centres de données et des opérateurs téléphoniques, perturbant la vie quotidienne. En Russie, ce sont les raffineries et dépôts de pétrole qui sont attaqués, provoquant une crise du carburant cet été. Des entrepôts des géants du e-commerce Wildberries et Ozon ont également été visés. L'Ukraine craint particulièrement l'arrivée de l'hiver 2026, période où ses infrastructures énergétiques pourraient être détruites, comme en 2025, plongeant des millions de personnes dans le froid et l'obscurité.

Ce que ça pourrait changer

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a multiplié les propositions de trêve dans les frappes depuis cet été, après une opération infructueuse de *40 jours* visant à fragiliser l'économie russe. Cependant, son homologue russe Vladimir Poutine a rejeté cette idée jeudi 2 octobre 2026, lors du forum politique de Valdaï. Poutine a déclaré : *« On nous dit : “Qu’ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires”. C’est tout simplement ridicule »*. Zelensky a averti que l'Ukraine ferait subir à la Russie les mêmes difficultés cet hiver, malgré les risques pour sa population. Les tensions entre les deux pays restent donc élevées, sans perspective de désescalade immédiate.

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