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Géopolitique

La carte du monde selon les BRICS : ce que révèle la Déclaration de New Delhi

Le Grand Continent · mis à jour il y a 6 j

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Sommet BRICS à New Delhi

Les dirigeants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont réunis pour un sommet de deux jours à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026. Ils ont adopté une déclaration commune de 45 pages, soit 140 paragraphes, ce qui représente une longueur record pour ce groupe. Cette déclaration est presque deux fois plus longue que celle du G7 lors de son sommet d'Évian en juin 2026. Le document reflète les priorités du groupe et les compromis nécessaires pour obtenir un consensus, après deux échecs précédents en 2026 lors de réunions ministérielles. Les BRICS, initialement créés en 2009, comptent désormais six membres depuis l'adhésion de l'Iran et de l'Éthiopie en 2024.

Absence de l'Europe

La déclaration de New Delhi ne mentionne à aucun moment l'Europe, ni la guerre en Ukraine, malgré les tensions géopolitiques actuelles. Cette omission est notable car elle contraste avec d'autres sujets abordés, comme le conflit au Moyen-Orient ou les tensions commerciales. Les BRICS semblent ainsi adopter une position qui ignore délibérément le continent européen, ce qui pourrait refléter des divergences d'intérêts ou une volonté de ne pas s'aligner sur les positions occidentales. Cette absence est d'autant plus frappante que l'Europe est traditionnellement un acteur majeur des relations internationales.

Priorités régionales

La déclaration met en avant le Sud Global (10 occurrences), un terme désignant les pays en développement, souvent opposés aux pays industrialisés du Nord. L'Afrique est la région la plus citée (21 occurrences), suivie par l'Asie (6), l'Amérique latine (4) et les Caraïbes (3). Cette attention portée à l'Afrique et aux pays du Sud Global montre une volonté des BRICS de renforcer leur influence dans ces régions. Par exemple, Gaza est mentionnée 7 fois, la Cisjordanie 1 fois et la Palestine 5 fois, reflétant l'importance accordée au conflit israélo-palestinien. L'Iran, membre récent, n'est cité qu'une fois, dans un paragraphe soutenant son adhésion à l'OMC.

Position sur Israël et Moyen-Orient

Israël et la Russie sont les seuls pays classés comme appartenant au Nord par la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) à être mentionnés dans la déclaration. Israël est cité dans des paragraphes appelant à une solution pacifique au conflit israélo-palestinien, au respect de l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza et au retrait de Tsahal (l'armée israélienne) du Sud-Liban. L'Inde, membre des BRICS, est décrite comme le principal allié d'Israël au sein du groupe. Par ailleurs, la déclaration appelle à la retenue dans la guerre au Moyen-Orient, un langage permettant de rassembler à la fois l'Iran et les Émirats Arabes Unis, malgré leurs tensions.

Critiques voilées du protectionnisme

Le document critique indirectement certaines pratiques commerciales, notamment dans le paragraphe 21, où les BRICS dénoncent « la hausse aveugle des droits de douane et des mesures non tarifaires, ou un protectionnisme dissimulé sous des objectifs environnementaux ». Cette formulation vise probablement l'Union européenne, sans la nommer explicitement. Les États-Unis ne sont pas non plus directement ciblés, bien que Donald Trump ait menacé en 2025 d'imposer 10 % de droits de douane supplémentaires aux pays s'alignant sur les BRICS. Cette approche reflète une stratégie de communication prudente, évitant les conflits directs tout en défendant les intérêts du groupe.

Ce que ça pourrait changer

Parmi les pays cités, la Russie occupe une place particulière car elle est un membre fondateur des BRICS et son président, Vladimir Poutine, est le seul dirigeant, avec Xi Jinping (Chine), à avoir assisté à tous les sommets depuis 2013. L'Iran et l'Éthiopie, membres récents, sont peu mentionnés, à l'exception de leur soutien à l'adhésion à l'OMC pour le premier. Les pays du *Nord* (selon la classification de la CNUCED) comme les États-Unis ou l'Union européenne sont absents des débats, tandis que des pays comme Israël ou la Russie, bien que classés dans le *Nord*, sont évoqués en raison de leur rôle dans les conflits régionaux ou de leur statut de membre.

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